Deux mois après le début d'un conflit initialement prévu pour durer quelques semaines, les États-Unis et l'Iran sont enlisés dans une guerre d'usure économique qui a porté les prix mondiaux de l'énergie à leur plus haut niveau en un mois.
Retour
Deux mois après le début d'un conflit initialement prévu pour durer quelques semaines, les États-Unis et l'Iran sont enlisés dans une guerre d'usure économique qui a porté les prix mondiaux de l'énergie à leur plus haut niveau en un mois.

TÉHÉRAN, Iran – Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié le 1er mai une attaque américaine sur son territoire d'« acte d'agression », rejetant les affirmations de légitime défense de Washington et intensifiant la guerre des mots alors que les blocus navals concurrents menacent de créer une crise énergétique mondiale prolongée.
« L'Iran n'a mené aucune action armée contre les États-Unis », a déclaré le porte-parole du ministère, Baghaei, selon l'agence de presse officielle de la République islamique (IRNA). « L'attaque américaine contre l'Iran est un acte d'agression contre le peuple iranien. »
Ce choc diplomatique fait suite à deux mois de conflit militaire qui ont fait grimper le baril de Brent de plus de 6 %, atteignant un sommet d'un mois. L'impasse a vu les États-Unis imposer un blocus naval sur les ports iraniens, ce à quoi l'Iran a riposté en perturbant la navigation dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole. L'escalade a porté les prix de l'essence aux États-Unis à un sommet de quatre ans, à près de 4,18 dollars le gallon.
Les négociations étant au point mort, le conflit risque de devenir une coûteuse « guerre gelée ». Le premier mois à lui seul a coûté aux États-Unis entre 20 et 25 milliards de dollars, selon le Quincy Institute. Pour l'Iran, le bilan économique est sévère, avec une inflation dépassant les 65 % et une monnaie atteignant des plus bas historiques, ce qui soulève des questions sur la capacité des deux parties à maintenir la pression actuelle.
Le conflit dure déjà plus longtemps que les « quatre à cinq semaines » initialement prévues par la Maison Blanche, s'installant dans un scénario coûteux de statu quo sans guerre ni accord. Les États-Unis ont déployé un troisième groupe aéronaval dans la région, le plus important renforcement militaire depuis l'invasion de l'Irak en 2003, avec plus de 10 000 soldats désormais estimés présents dans la zone.
Cette présence militaire soutenue représente un fardeau financier important. Si Washington peut probablement absorber le choc économique, les coûts politiques pourraient être une autre affaire. La cote de popularité du président Trump est tombée à 34 % alors que la hausse du prix des carburants frappe les consommateurs américains avant les élections de mi-mandat. Pour l'Iran, la guerre a paralysé une économie déjà en difficulté, les perturbations des importations de céréales et des chaînes d'approvisionnement augmentant le risque d'insécurité alimentaire pour ses 90 millions d'habitants, selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement.
Les deux parties se retrouvent de plus en plus isolées sur la scène mondiale. Les alliés européens ont été réticents à se joindre aux opérations américaines, tandis que les partenaires régionaux ont vu leur propre sécurité et leur réputation commerciale entachées par le conflit. La Russie et la Chine ont apporté une couverture politique à Téhéran, Moscou insistant sur un règlement politique et condamnant les actions américaines et israéliennes comme des agressions.
L'Iran aurait fait des offres pour rouvrir le détroit d'Ormuz via des médiateurs pakistanais, mais un accord reste insaisissable. La Maison Blanche maintient que toutes les options militaires sont sur la table et qu'elle ne se précipitera pas vers un « mauvais accord ». Cela a conduit certains analystes à penser que les États-Unis pourraient adopter une stratégie d'usure, alternant des périodes de calme avec des opérations militaires occasionnelles, une tactique qu'Israël appelle « tondre la pelouse ». Cependant, les risques liés à l'utilisation de cette tactique contre un État doté des capacités militaires de l'Iran sont nettement plus élevés, menaçant de plonger toute la région du Golfe dans un état d'instabilité prolongé.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.