L'Inde s'apprête à renvoyer ses pétroliers par le détroit d'Ormuz, une mesure qui pourrait apaiser les prix mondiaux de l'énergie mais qui met à l'épreuve la situation sécuritaire fragile au Moyen-Orient.
L'Inde s'apprête à renvoyer ses pétroliers par le détroit d'Ormuz, une mesure qui pourrait apaiser les prix mondiaux de l'énergie mais qui met à l'épreuve la situation sécuritaire fragile au Moyen-Orient.

(P1) L'Inde se prépare à reprendre le transit des pétroliers par le détroit d'Ormuz, un goulot d'étranglement critique qui gère un cinquième de l'offre mondiale, pour la première fois depuis qu'un conflit régional a interrompu le trafic en février. Cette initiative, signalée le 20 mai, représente un effort significatif du troisième plus grand importateur de pétrole brut au monde pour sécuriser ses approvisionnements énergétiques et réduire les coûts.
(P2) Le plan est presque finalisé et attend l'approbation finale du gouvernement, selon des sources proches du dossier. Cette offensive diplomatique a été soulignée par une rencontre la semaine dernière entre le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, et son homologue iranien, Abbas Araghchi, lors du sommet des BRICS à New Delhi, largement perçue comme un effort pour obtenir l'autorisation de passage.
(P3) En prévision de la reprise, l'Inde a doublé sa présence de navires de guerre dans la région et a augmenté la surveillance aérienne. La société d'État Shipping Corp. of India est prête à rentrer dans le golfe Persique dès qu'elle recevra les ordres des raffineurs et l'approbation finale de la marine indienne, qui escorte déjà les navires à destination de l'Inde après leur sortie du détroit.
(P4) La décision est dictée par de fortes pressions économiques, car les sources alternatives de pétrole brut s'avèrent nettement plus coûteuses et plus longues à obtenir. Les perturbations persistantes ont malmené l'économie indienne, l'envolée des factures énergétiques et la dépréciation de la roupie érodant la résilience économique du pays et poussant le Premier ministre Narendra Modi à appeler le public à économiser le carburant.
Pour atténuer les risques substantiels, l'Inde fait avancer une stratégie globale sur les fronts militaire, diplomatique et commercial. Sur le plan militaire, la marine indienne a doublé son déploiement de navires de guerre dans la région, fournissant des escortes armées aux navires battant pavillon indien et aux autres navires se dirigeant vers les ports du pays.
Cette démonstration de force est associée à des ouvertures diplomatiques, principalement les discussions de haut niveau avec l'Iran, le pays qui borde le point le plus étroit du détroit. Sur le plan commercial, le gouvernement indien a lancé un nouveau programme d'assurance maritime. Cette initiative offre une couverture continue aux navires indiens et à leurs cargaisons dans les eaux à haut risque, levant ainsi un obstacle financier important pour les opérateurs commerciaux.
L'urgence de l'Inde à rouvrir la route d'Ormuz découle du coût élevé de l'inaction. Bien que le pays ait augmenté ses achats auprès d'autres régions depuis le début du conflit, il reste fortement dépendant de ses fournisseurs traditionnels du Moyen-Orient. Selon des sources, ces cargaisons alternatives ont des voyages plus longs et des coûts plus élevés, ce qui impacte directement la balance commerciale de l'Inde.
Bien qu'un faible volume de pétrole non iranien ait filtré par le détroit depuis la fin février, les conditions de passage ont été incohérentes et floues, maintenant les flux globaux à une fraction des niveaux d'avant le conflit. La réouverture potentielle de cette artère vitale pourrait exercer une pression à la baisse sur les références mondiales du pétrole brut comme le Brent, qui sont restées élevées en raison de l'incertitude sur l'offre.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.