Le Fonds monétaire international a abaissé mardi sa prévision de croissance mondiale pour 2026 à 3,1 %, soit une réduction de 0,2 point de pourcentage par rapport à ses perspectives de janvier, alors que la guerre au Moyen-Orient porte un troisième choc majeur à l'économie mondiale en quatre ans.
« La guerre au Moyen-Orient a interrompu cette dynamique », a déclaré l'économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, dans un article de blog accompagnant les dernières Perspectives de l'économie mondiale du fonds. « L'ampleur ultime de l'impact dépendra de la durée et de l'intensité du conflit, et de la rapidité avec laquelle la production et le transport d'énergie pourront se normaliser après la fin des hostilités. »
Le conflit a freiné ce qui avait été une économie mondiale étonnamment résiliente, faisant grimper les prix du pétrole de plus de 40 % pour atteindre un sommet de près de 113 dollars le baril au début du mois d'avril. Le FMI s'attend désormais à ce que l'inflation mondiale atteigne 4,4 % cette année, contre une prévision de 3,8 % en janvier, ce qui complique la lutte mondiale contre la hausse des prix qui a suivi la pandémie de Covid-19 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le rapport donne un ton sombre aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, où les ministres des Finances doivent faire face à la perspective d'une stagflation — la combinaison toxique d'un ralentissement de la croissance et d'une accélération de l'inflation. Le FMI a prévenu qu'un conflit grave et prolongé pourrait ramener la croissance mondiale sous le seuil de 2 % qu'il considère comme une récession, un niveau franchi seulement quatre fois depuis 1980.
## Scénarios : de l'impasse au choc sévère
Le FMI a décrit trois trajectoires potentielles pour l'économie mondiale en fonction de l'évolution de la guerre. La prévision de base de 3,1 % de croissance suppose un conflit relativement court et une augmentation moyenne des prix de l'énergie de 19 % pour l'année.
Un scénario plus pessimiste, impliquant un blocus prolongé du détroit d'Ormuz et des dommages aux infrastructures énergétiques, verrait la croissance ralentir à 2,5 % et l'inflation grimper à 5,4 %. Dans le cas le plus grave, où les perturbations énergétiques se prolongeraient jusqu'à l'année prochaine et forceraient les banques centrales à resserrer leur politique, le FMI prévoit que la croissance mondiale s'effondrerait à un peu moins de 2 % en 2026, avec une inflation bondissant à 5,8 %.
## Les marchés émergents en première ligne
Le choc économique n'est pas réparti uniformément, les marchés émergents importateurs d'énergie subissant le plus fort de l'impact. La Banque mondiale prévoit que la croissance dans ces économies ralentira à 3,65 % cette année, contre une estimation de 4 % en octobre, et pourrait tomber à 2,6 % si la guerre s'éternise.
Les retombées économiques sont particulièrement aiguës au Moyen-Orient. L'économie de l'Iran, au centre du conflit, devrait se contracter de 6,1 % en 2026, un revirement spectaculaire par rapport à la croissance de 1,1 % prévue en janvier.
Au-delà de la région immédiate, la Banque mondiale prévient qu'environ 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en raison des perturbations des expéditions d'engrais et de la hausse des coûts de l'énergie. De nombreux pays en développement ont abordé cette crise avec des réserves budgétaires épuisées et des niveaux d'endettement élevés, ce qui leur laisse peu de marge de manœuvre pour amortir le choc. Le FMI a déclaré qu'il prévoyait une demande de 20 à 50 milliards de dollars en financements d'urgence à court terme pour soutenir les nations les plus vulnérables.
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