(P1) Le passage de quatre navires liés à l'Occident, dont un porte-conteneurs français, par le détroit d'Ormuz le 3 avril marque le premier transit connu de ce type depuis qu'une guerre régionale a interrompu le trafic, un signe provisoire de désescalade dans le goulot d'étranglement énergétique le plus critique au monde.
(P2) Selon les données de suivi des navires examinées par Bloomberg, le porte-conteneurs « CMA CGM Kribi » a diffusé son appartenance française alors qu'il quittait le port de Dubaï, longeant la côte iranienne pour sortir du golfe Persique. Deux personnes proches du dossier ont confirmé que le navire avait achevé son passage.
(P3) Le navire lié à la France a été rejoint par trois navires battant pavillon omanais — deux superpétroliers et un transporteur de gaz naturel liquéfié — qui ont également navigué avec succès dans le détroit. Si le passage du navire de GNL est confirmé, il s'agirait du premier à quitter le Golfe depuis le début du conflit, tandis que le flux combiné de pétroliers représente le plus important transit de brut en une seule journée.
(P4) Cette reprise soudaine du trafic, bien que limitée, suggère un apaisement potentiel des tensions militaires qui maintenaient cette voie navigable vitale fermée. Alors que des diplomates européens seraient engagés dans des pourparlers préliminaires pour apaiser le conflit, le passage de ces navires pourrait tester si une réouverture plus large est possible, un développement qui pourrait réduire la prime de risque géopolitique sur les prix du pétrole et atténuer les pressions inflationnistes mondiales.
Un test de désescalade
Le « CMA CGM Kribi » fait partie de la flotte de CMA CGM SA, troisième ligne de conteneurs au monde, détenue majoritairement par la famille française Saadé. Le navire, qui navigue sous pavillon maltais, a diffusé publiquement sa position et sa destination tout au long de son voyage, une rupture avec la norme récente où les navires de la région ont éteint leurs transpondeurs pour éviter toute détection.
Par ailleurs, les trois navires diffusant la nationalité omanaise ont emprunté une route sud le long du littoral d'Oman, une déviation par rapport à la route nord le long de la côte iranienne que la plupart des navires ont utilisée récemment. Tous trois appartiennent à la plus grande classe de leur type, signalant un test significatif de passage pour les exportations d'énergie.
Le succès du transit du transporteur de GNL est particulièrement notable. Le golfe Persique est une source majeure de gaz naturel liquéfié pour les marchés mondiaux, et l'arrêt des expéditions a exercé une pression considérable sur les économies dépendantes de l'énergie. Un rétablissement des flux de GNL apporterait un coup de pouce bienvenu à l'offre mondiale.
Bien que ces passages soient un signe positif, il n'est pas certain qu'ils représentent une percée diplomatique durable ou s'il s'agit simplement d'arrangements ponctuels. Les efforts diplomatiques européens pour désamorcer la crise n'ont pas encore donné de progrès publics substantiels, selon certains rapports. Le marché surveillera de près si d'autres navires suivent dans les jours à venir.
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