La bourse de Hong Kong renforce son contrôle sur la gouvernance d'entreprise en introduisant de nouvelles règles visant à empêcher les sociétés cotées de licencier facilement leurs auditeurs.
Le Hong Kong Exchanges and Clearing (00388.HK) a publié de nouvelles directives exigeant que les sociétés cotées obtiennent l'approbation des actionnaires pour la nomination ou la révocation des auditeurs, une initiative directe visant à combler une lacune qui permettait aux conseils d'administration de faire pression sur les cabinets comptables pour qu'ils démissionnent. Les nouvelles règles imposent également la divulgation d'honoraires d'audit spécifiques et de l'étendue des travaux, empêchant les entreprises d'utiliser des litiges sur les honoraires comme prétexte pour licencier les auditeurs qui soulèvent des préoccupations.
La Securities and Futures Commission (SFC) a déclaré que les démissions d'auditeurs à l'approche des dates limites de résultats sont un « signal d'alarme majeur pour la gouvernance d'entreprise et les problèmes de contrôle interne », soulignant l'attention du régulateur sur le problème. La pratique de l'« achat d'opinion » — où les entreprises changent d'auditeur pour en trouver un plus conciliant avec leurs pratiques comptables — fait l'objet d'un examen accru de la part des régulateurs.
Dans le nouveau cadre, toute action d'entreprise entraînant la démission d'un auditeur sera classée comme une révocation active, déclenchant un vote obligatoire des actionnaires. Un récent examen de la SFC a révélé que les auditeurs de 89 sociétés ont démissionné dans les quatre mois précédant la date limite de leurs résultats annuels, et dans près de 75 % de ces cas, soit 66 sociétés, les litiges sur les honoraires ont été cités comme raison officielle. Ce schéma suggère que les désaccords sur les honoraires ont pu être utilisés pour masquer des conflits plus profonds sur les traitements comptables ou les contrôles internes.
Ces réglementations sont une attaque directe contre l'« achat d'opinion », une pratique par laquelle les entreprises recherchent des cabinets d'audit plus complaisants pour approuver une comptabilité douteuse. En imposant la divulgation publique des honoraires et de l'étendue de l'audit, et en exigeant le consentement des actionnaires pour tout changement, HKEX vise à renforcer la transparence et à protéger les investisseurs contre les malversations d'entreprise. La date d'entrée en vigueur de ces nouvelles règles n'a pas encore été annoncée.
Ce resserrement réglementaire devrait avoir un impact significatif sur le marché de Hong Kong, en augmentant potentiellement la confiance des investisseurs à long terme grâce au renforcement de l'intégrité du marché. Pour les entreprises dotées d'une gouvernance saine, les nouvelles règles auront peu d'effet. Cependant, les entreprises ayant des rapports financiers ou des contrôles internes douteux trouveront beaucoup plus difficile d'occulter ces problèmes en changeant simplement d'auditeur.
L'initiative de HKEX s'inscrit dans une tendance plus large de renforcement des normes de gouvernance d'entreprise dans les principaux centres financiers. À mesure que les investisseurs mondiaux deviennent plus exigeants, les marchés dotés de cadres réglementaires robustes sont plus susceptibles d'attirer des capitaux. Les nouvelles directives alignent davantage Hong Kong sur les meilleures pratiques internationales, qui exigent généralement l'implication des actionnaires dans la nomination et la révocation des auditeurs.
Les actions de HKEX (00388.HK) ont réagi positivement à la nouvelle, s'échangeant en hausse de 0,685 %. Les analystes de CICC ont une perspective positive sur la bourse, s'attendant à ce que ses revenus du premier trimestre augmentent de 8 % sur un an, avec des bénéfices en hausse de 9 %.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.