Une vague réglementaire croissante ciblant l'impact des réseaux sociaux sur les mineurs prend de l'ampleur en Europe, la Grèce étant le dernier pays en date à annoncer une interdiction quasi totale pour les enfants de moins de 15 ans.
Retour
Une vague réglementaire croissante ciblant l'impact des réseaux sociaux sur les mineurs prend de l'ampleur en Europe, la Grèce étant le dernier pays en date à annoncer une interdiction quasi totale pour les enfants de moins de 15 ans.

La Grèce interdira l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans à partir du 1er janvier 2027, une mesure qui, selon le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, est une réponse nécessaire à la montée de l'anxiété et des troubles du sommeil liés à la conception addictive des plateformes. La législation, qui devrait être adoptée cet été, place la Grèce à l'avant-garde d'une poussée européenne visant à réguler l'impact de la technologie sur la santé mentale des jeunes.
« La science est claire : quand un enfant passe des heures devant un écran, son esprit ne se repose pas », a déclaré Mitsotakis dans une annonce vidéo. « Notre intention n'est pas de vous éloigner de la technologie, qui peut être une source d'inspiration, de connaissance, de créativité... mais la conception addictive de certaines applications... doit cesser. »
L'interdiction grecque s'appliquera aux principales plateformes, notamment Facebook et Instagram de Meta Platforms, TikTok, et Snapchat de Snap Inc., pour toute personne née après 2012. Cette décision fait suite à une interdiction similaire en Australie pour les moins de 16 ans et intervient alors que l'Espagne, la France et le Royaume-Uni envisagent leurs propres restrictions. Le soutien public à de telles mesures est élevé, un récent sondage ALCO en Grèce montrant 80 % d'approbation, tandis qu'une enquête YouGov a révélé que des majorités dans six nations européennes soutiennent une interdiction pour les moins de 16 ans.
La décision reflète un défi réglementaire important pour les géants de la technologie, qui font désormais face à une mosaïque de règles de vérification de l'âge selon les juridictions, ce qui pourrait impacter la croissance des utilisateurs et les revenus publicitaires. Athènes fait également pression pour un cadre unifié de l'UE pour la vérification de l'âge d'ici 2027, signalant un front européen plus large qui pourrait forcer les plateformes à repenser fondamentalement leurs produits pour les jeunes utilisateurs et à augmenter les coûts de conformité à l'échelle mondiale.
La législation grecque s'inscrit dans une tendance plus large et accélérée en Europe et dans d'autres nations développées. La France avance son propre projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, tandis que l'Espagne élabore des plans de vérification de l'âge pour les utilisateurs de moins de 16 ans. Le Royaume-Uni a également lancé une consultation gouvernementale sur le sujet. Un sondage YouGov a souligné le large soutien public à ces mesures, atteignant 76 % au Royaume-Uni, 74 % en Allemagne et 70 % en Italie.
Cependant, il existe un scepticisme public considérable quant à l'application pratique de telles interdictions. Au Royaume-Uni, 54 % des répondants pensent qu'une interdiction serait « peu » ou « pas du tout » efficace, un sentiment partagé par près de la moitié des partisans de l'interdiction. Cela met en lumière le défi central pour les gouvernements : mettre en œuvre un système de vérification de l'âge robuste et fiable qui ne puisse pas être facilement contourné par des adolescents technophiles.
Pour les entreprises de réseaux sociaux comme Meta Platforms Inc., TikTok Inc. et Snap Inc., l'interdiction grecque représente un nouveau front dans une bataille réglementaire multi-juridictionnelle. La Commission européenne a déjà ouvert une enquête sur Snapchat concernant de potentielles violations de la sécurité des enfants, et l'UE pilote une application d'identité numérique qui pourrait être utilisée pour la vérification de l'âge.
Les implications financières pour ces plateformes sont significatives. Un patchwork de lois nationales crée un paysage de conformité complexe, faisant grimper les coûts. Plus important encore, cela menace de couper une démographie clé pour la croissance des utilisateurs. Bien que la cohorte des moins de 15 ans ne soit pas la plus directement monétisable, elle représente la prochaine génération d'utilisateurs, et les plateformes comptent sur une adoption précoce pour instaurer une fidélité à long terme.
Le Premier ministre Mitsotakis a explicitement déclaré qu'un objectif clé était de faire pression sur l'UE pour qu'elle agisse. Dans une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, il a appelé à un « cadre européen unifié » pour la vérification de l'âge d'ici la fin de 2026. Une telle approche unifiée, bien que simplifiant potentiellement la conformité, créerait également un marché massif et harmonisé avec des règles strictes, forçant une remise en question fondamentale de la conception des produits et des stratégies d'acquisition d'utilisateurs pour une partie importante de la population mondiale.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.