Les valeurs technologiques mondiales ont perdu plus de 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière mardi alors qu'une vague de ventes débutée à Wall Street a balayé les marchés asiatiques et européens, les pertes se concentrant sur les valeurs des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle.
Les futures du Nasdaq 100 ont chuté de plus de 2 % lors des échanges pré-marché mardi, prolongeant une déroute qui a effacé plus de 650 milliards de dollars de la seule capitalisation de SpaceX et fait chuter le Kospi sud-coréen de 9,99 %. Ce repli constitue le plus fort recul des valeurs technologiques depuis le début de l'année, alimenté par une inquiétude croissante quant au coût des infrastructures d'intelligence artificielle et à la perspective d'une hausse des taux d'intérêt.
« Cette vente reflète une inquiétude grandissante sur le montant de capital absorbé par le déploiement des infrastructures d'IA, et sur la question de savoir si les retours sur investissement se matérialiseront dans les délais attendus par les investisseurs », a déclaré Gary Black, associé gérant chez The Future Fund. « Quand une entreprise comme SpaceX se négocie à 150 fois l'EBITDA projeté pour 2026, les comptes ne sont pas bons. »
La déroute a frappé tous les grands marchés. Le Kospi sud-coréen a plongé de 9,99 % à 8 203,84 points, déclenchant une suspension des échanges de 20 minutes pour la quatrième fois cette année, les investisseurs étrangers se débarrassant de leurs actions de semi-conducteurs. Le Nikkei 225 japonais a chuté de 3,3 %, tandis que l'indice Hang Seng de Hong Kong a perdu 1,9 %. En Europe, le Stoxx 600 a reculé de 1,2 %, le Dax allemand cédant 1,5 % et le CAC 40 français 1,06 %. Le FTSE 100 britannique a glissé de 0,9 % à 10 343 points.
Cette vente massive accroît les enjeux autour de l'indice PMI Flash américain de juin, publié à 9 h 45 (heure de la côte Est), qui permettra de déterminer si l'atténuation des pressions inflationnistes peut enrayer le déclin. La moyenne mobile à 50 jours du S&P 500 se situe à 7 328,60 points, et celle du Nasdaq Composite à 25 619,20 points — des seuils qui, s'ils sont enfreints, pourraient accélérer les ventes et transformer le mouvement en une correction plus large.
Émission obligataire de SpaceX : un réexamen s'impose
Le catalyseur de cette nouvelle phase de baisse a été la divulgation par SpaceX de son projet d'emprunter jusqu'à 20 milliards de dollars via une émission obligataire, ravivant les craintes que même les valeurs technologiques les plus richement valorisées brûlent du cash plus vite que prévu. L'action SpaceX a chuté de 16,4 % lundi et a perdu encore 3 % lors des échanges pré-marché mardi, réduisant les gains du titre depuis son introduction en bourse à moins de 15 %. Susquehanna a initié la couverture de SpaceX avec une note Neutre et un objectif de cours de 170 dollars, citant à la fois les solides perspectives de croissance de l'entreprise et sa valorisation exigeante.
Le mouvement de vente s'est étendu au-delà de SpaceX à l'ensemble du secteur technologique. Nvidia, Alphabet et Oracle ont tous fortement reculé en pré-marché, après de lourdes pertes lundi. Ce repli marque un renversement de la dynamique du rallye de l'intelligence artificielle qui avait propulsé le Nasdaq Composite à une hausse de plus de 20 % depuis le début du trimestre avant le déclin de cette semaine. Les investisseurs s'interrogent sur la capacité des dépenses d'investissement massives requises pour les infrastructures d'IA — Morgan Stanley estime que les emprunts mondiaux liés à l'IA dépasseront le demi-billion de dollars cette année — à générer des rendements suffisants, d'autant que la Réserve fédérale devrait procéder à deux hausses de taux d'ici le premier trimestre 2027.
Répercussions sur l'ensemble des classes d'actifs
La déroute boursière a débordé sur d'autres classes d'actifs. Le brut Brent a chuté de 1,4 % à 76,83 dollars le baril après que les États-Unis ont suspendu les sanctions sur les ventes de pétrole brut iranien pendant 60 jours, signe d'une avancée dans les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran. Le won sud-coréen s'est affaibli face au dollar alors que les investisseurs étrangers quittaient les marchés d'actions locaux. Les niveaux de stockage de gaz naturel européen sont tombés à 41 % de leur capacité, soit sept points de pourcentage sous le niveau enregistré lors de la crise énergétique de 2022, bien que le gestionnaire du réseau britannique ait minimisé les risques de coupures pour l'hiver à venir.
Au Royaume-Uni, un indice PMI flash des services de 48,7 — la contraction la plus marquée depuis début 2021 — a alourdi l'ambiance morose, même si l'inflation des produits alimentaires a ralenti à 3 % et qu'une vague de chaleur a stimulé les ventes au détail. Ces données soulignent le défi qui attend le prochain Premier ministre britannique, alors que l'économie se contracte pour un deuxième mois consécutif.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.