La flambée des prix de l'énergie consécutive à la guerre en Iran contraint les gouvernements européens à envisager des mesures jusque-là réservées aux chocs économiques majeurs.
La France envisage une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques bénéficiant de la hausse des prix liée au conflit, alors que celui-ci pousse l'inflation en zone euro à 3,0 % et pèse sur la croissance économique.
« S'il y a des entreprises particulières qui ont réalisé des bénéfices exceptionnels, peut-être imposerons-nous des taxes supplémentaires... ce débat aura lieu à l'automne », a déclaré le ministre français des Finances Roland Lescure à Sud Radio.
Cette taxe potentielle intervient alors que la Commission européenne a abaissé sa prévision de croissance pour la zone euro en 2026 de 1,2 % à 0,9 %. L'indice PMI composite flash S&P Global pour la zone euro, un indicateur clé de l'activité économique, est tombé à 47,5 en mai, son plus bas niveau en 19 mois, signalant une contraction plus profonde.
Cette initiative souligne le dilemme croissant des décideurs européens : comment protéger les ménages contre la crise du coût de la vie sans endommager davantage une économie déjà menacée par la récession. Une taxe française pourrait créer un précédent dans la région, alors que la Pologne travaille déjà sur une mesure similaire qui devrait coûter 1,64 milliard de dollars au raffineur Orlen.
Le débat en France, alimenté par les appels de l'opposition à taxer des firmes comme TotalEnergies, reflète une pression politique croissante à travers le continent. Le choc énergétique est le principal moteur d'une inflation qui reste obstinément au-dessus de l'objectif de 2,0 % de la Banque centrale européenne, compliquant sa trajectoire monétaire. La BCE devrait largement augmenter ses taux en juin, mais de nouvelles hausses pourraient être freinées par l'affaiblissement de l'activité économique.
Pour les entreprises énergétiques, la menace de taxes sur les superprofits introduit un risque réglementaire significatif, pouvant impacter les décisions d'investissement futures dans la région. Pour les investisseurs, cela signale que les profits récoltés lors de la crise actuelle pourraient faire l'objet de prélèvements gouvernementaux. La dernière vague majeure de telles taxes en Europe remonte aux années 1980, et leur retour potentiel indique la sévérité des tensions économiques actuelles.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.