Moscou a adressé une vive réprimande après une quatrième frappe contre l'installation nucléaire iranienne de Bouchehr, exacerbant les craintes d'un conflit plus large susceptible de menacer l'approvisionnement énergétique mondial.
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Moscou a adressé une vive réprimande après une quatrième frappe contre l'installation nucléaire iranienne de Bouchehr, exacerbant les craintes d'un conflit plus large susceptible de menacer l'approvisionnement énergétique mondial.

Une quatrième attaque contre la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr a tué un employé et suscité une vive condamnation de la part de la Russie, intensifiant l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient et laissant planer le spectre d'une perturbation majeure des 21 % du commerce mondial de pétrole qui transitent par le détroit d'Ormuz.
« La Russie condamne fermement l'attaque contre la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, le 4 avril, qualifiant de « brutalité » la frappe qui a fait des victimes.
Selon l'Organisation iranienne de l'énergie atomique et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), la frappe de samedi a endommagé un bâtiment de soutien mais n'a pas affecté les opérations du réacteur ni entraîné d'augmentation des niveaux de radiation. Cette attaque est la dernière d'une série d'escalades depuis le début du conflit entre les États-Unis et Israël avec l'Iran le 28 février, marqué par des frappes sur des sites industriels et la destruction d'un avion de chasse américain F-15.
Le ciblage répété d'une installation nucléaire, une première dans cette guerre vieille de six semaines, signale une nouvelle phase dangereuse du conflit. Pour les marchés, le risque principal est une fermeture potentielle du détroit d'Ormuz par l'Iran, un point de passage stratégique dont le blocage pourrait faire s'envoler les prix du brut et déclencher une fuite massive vers les valeurs refuges comme l'or et le dollar américain.
## Une région sur le fil du rasoir
La frappe contre la centrale nucléaire s'inscrit dans un conflit plus large qui se répercute dans toute la région. Ces derniers jours, un drone apparemment iranien a endommagé le siège à Dubaï de la firme technologique américaine Oracle, et l'Iran a continué à tirer des missiles sur les États du Golfe. L'armée américaine mène également des recherches pour retrouver un membre d'équipage disparu après qu'un F-15 américain a été abattu au-dessus de l'Iran vendredi. Le conflit, qui a tué plus de 1 900 personnes en Iran et plus de 1 300 au Liban, a déjà bouleversé les marchés mondiaux et fait grimper les prix du carburant.
## La sécurité nucléaire en ligne de mire
L'organe de surveillance nucléaire de l'ONU, l'Agence internationale de l'énergie atomique, a exprimé sa « profonde inquiétude » suite à l'attaque, déclarant sur les réseaux sociaux que les centrales nucléaires « ne doivent jamais être attaquées ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a établi un parallèle avec l'inquiétude suscitée par la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine, avertissant qu'un accident majeur à Bouchehr « mettrait fin à la vie » dans les pays arabes voisins du Golfe. Alors que l'agence iranienne de l'énergie atomique a affirmé que les parties principales de la centrale n'avaient pas été endommagées, la société nucléaire d'État russe Rosatom a commencé à évacuer ses 198 employés du site.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.