Les entreprises exigent que l'UE lève le plafond de 9 milliards d'euros sur le pilote DLT
Le 5 février, une coalition de huit entreprises d'actifs numériques réglementées par l'UE, dont Securitize et Seturion du groupe Boerse Stuttgart, a émis un avertissement direct aux décideurs politiques européens. Dans une lettre officielle, elles ont soutenu que le régime pilote de la technologie des registres distribués (DLT) de la région est trop restrictif, menaçant de transformer l'avance précoce de l'UE en matière de tokenisation en un « piège à succès ». Les entreprises appellent à des réformes urgentes, y compris la suppression de la limitation de six ans sur les licences et une augmentation significative du plafond de volume de transactions, de sa limite actuelle de 6 milliards à 9 milliards d'euros, à une fourchette plus compétitive de 100 milliards à 150 milliards d'euros.
Les bourses américaines visent le règlement T+0 tokenisé d'ici 2026
Pendant que l'Europe délibère, l'infrastructure financière américaine avance de manière décisive vers la tokenisation. La Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment accordé une lettre de non-action au DTCC, la principale société de règlement du pays, permettant un règlement tokenisé à grande échelle. Cette mesure ouvre la voie à un marché de règlement instantané (T+0) dès 2026. Les opérateurs de bourses, y compris la Bourse de New York (NYSE) et le Nasdaq, ont déjà présenté des plans pour la négociation 24 heures sur 24 des titres tokenisés. De plus, le géant des produits dérivés CME Group développe un produit de garantie en espèces tokenisé, donnant aux États-Unis une avance potentielle de quatre ans avant que le cadre de marché plus large de l'UE ne soit mis en œuvre d'ici 2030.
Le retard réglementaire menace la compétitivité de l'euro
La divergence en matière de vitesse réglementaire représente une menace significative pour les marchés de capitaux européens. La lettre des entreprises d'actifs numériques souligne le risque d'une fuite permanente de capitaux si les contraintes actuelles restent en place jusqu'en 2030. Elles soutiennent que cette inaction pourrait non seulement nuire à la position de l'UE sur le marché des actifs tokenisés de plusieurs billions de dollars, mais aussi saper la compétitivité mondiale de l'euro lui-même.
Si l'Europe reste contrainte jusqu'en 2030, la liquidité mondiale n'attendra pas — elle migrera en permanence vers les marchés américains, sapant également la compétitivité de l'euro par la réglementation plutôt que par la technologie.
— Lettre de huit entreprises d'actifs numériques de l'UE.