L'euro s'est renforcé au-delà de la barre des 1,1700 face au dollar après que le président Trump a annoncé de manière inattendue une pause dans le 'Project Freedom', la mission américaine visant à escorter les navires commerciaux à travers le détroit d'Ormuz, signalant une ouverture diplomatique potentielle, bien que fragile, avec l'Iran.
"Sur la base de la demande du Pakistan... et du fait que de grands progrès ont été réalisés vers un accord complet et final... le Project Freedom... sera interrompu pendant une courte période", a écrit le président dans un message sur Truth Social mardi soir.
Ce changement de politique a vu le taux de change EUR/USD, un baromètre clé du risque géopolitique, grimper à son plus haut niveau en trois semaines. Cette décision intervient deux jours seulement après le début de l'opération d'escorte et fait suite à une période de tension où la fermeture du détroit par l'Iran, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, a laissé plus de 1 500 navires bloqués, selon le Pentagone.
Cette pause crée une incertitude importante sur les marchés, opposant les espoirs d'une percée diplomatique qui pourrait rouvrir une artère énergétique vitale au risque de reprise du conflit si les pourparlers échouent. Alors que le blocus américain sur les ports iraniens demeure, l'arrêt suspend le bouclier militaire immédiat pour le transport maritime commercial, laissant le retour à la normale de l'économie mondiale suspendu à des négociations fragiles.
Une désescalade calculée ?
L'annonce surprise a semblé contredire les messages des hauts responsables de l'administration plus tôt dans la journée. Le secrétaire d'État Marco Rubio avait déclaré que l'offensive initiale américano-israélienne en Iran, l'opération 'Epic Fury', était terminée après avoir atteint ses objectifs, tout en promettant que le 'Project Freedom', distinct, assurerait la liberté de navigation.
"Nous préférerions la voie de la paix. Ce que le président [Donald Trump] préférerait, c'est un accord", a déclaré Rubio aux journalistes, ajoutant que l'Iran n'avait jusqu'à présent pas choisi cette voie.
L'administration espère peut-être que le gel de la mission d'escorte, à laquelle Téhéran s'opposait fermement, aidera à ramener les négociateurs iraniens à la table des discussions. La dernière désescalade majeure a été un cessez-le-feu annoncé début avril, qui a mis fin aux frappes directes de drones et de missiles iraniens sur les pays du Golfe, mais n'a pas réussi à rouvrir le détroit pour la plupart des navires.
Le fragile cessez-le-feu tient bon
Malgré l'ouverture diplomatique, les tensions restent vives. Une autorité maritime britannique a rapporté qu'un cargo avait été frappé par un « projectile inconnu » dans le détroit tard mardi, et les Émirats arabes unis ont déclaré que leurs défenses aériennes interceptaient des missiles en provenance d'Iran pour la deuxième journée consécutive. L'Iran a nié avoir lancé des attaques contre les Émirats arabes unis.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que le cessez-le-feu avec l'Iran n'était « pas terminé » mais que la situation était surveillée « de très, très près ». La pause du 'Project Freedom' constitue un test critique de la volonté de Téhéran de réciprocité, alors que le flux de 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole est en jeu.
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