Les actions européennes se préparent à une forte vente à l'ouverture, avec des contrats à terme sur l'Euro Stoxx 600 en baisse de 1,2 %, après que des rapports d'attaques de pétroliers dans le détroit d'Ormuz ont brisé un cessez-le-feu de 10 jours et poussé le pétrole Brent vers les 100 dollars le baril.
« Le marché réévalue le risque géopolitique en temps réel, le détroit d'Ormuz étant une fois de plus le point focal », a déclaré Michael Harris, responsable de la stratégie multi-actifs chez Union Bancaire Privée à Londres. « L'espoir était que le cessez-le-feu tienne, mais ces attaques suggèrent un retour rapide au conflit ouvert, ce qui réintroduit une prime de risque significative sur le prix du pétrole. »
La fuite vers la sécurité a été immédiate, le Brent, référence mondiale, bondissant de près de 7 % pour s'échanger juste en dessous de 100 dollars le baril. En revanche, les contrats à terme liés au DAX allemand ont baissé de 1,4 % et le CAC 40 français a chuté de 1,5 %. L'indice paneuropéen Stoxx 600, qui avait enregistré un léger gain de 0,3 % la semaine dernière, est en passe d'effacer ces gains dès le début de la nouvelle semaine de négociation. La dernière fois que le détroit a été effectivement fermé par l'Iran en 2024, la production industrielle européenne a chuté de 2 % au cours des trois mois suivants.
L'escalade met en péril une trêve fragile au Moyen-Orient, risquant un conflit plus large qui pourrait déclencher une grave crise énergétique mondiale. Avec près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, une fermeture prolongée pourrait faire basculer l'économie européenne, dépendante de l'énergie, dans la récession.
Cessez-le-feu en péril
La dernière flambée a commencé après que Washington a confirmé avoir saisi un cargo battant pavillon iranien, une décision que Téhéran a condamnée comme de la « piraterie armée ». Les Gardiens de la révolution iraniens ont depuis été accusés de représailles par des attaques de drones sur des navires commerciaux en mer d'Oman, resserrant davantage leur emprise sur ce point de passage maritime critique.
Ces événements font suite à une période de calme relatif après la mise en œuvre d'un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban, un conflit dans lequel l'Iran a été un soutien clé du Hezbollah. Cependant, l'Iran refusant désormais un deuxième cycle de pourparlers de paix sous l'égide des États-Unis, citant le blocus naval américain, les solutions diplomatiques semblent de plus en plus lointaines.
Le choc pétrolier frappe l'industrie européenne
Les conséquences économiques se font déjà sentir sur les marchés mondiaux. La flambée des prix du pétrole exerce une pression immédiate sur les industries gourmandes en carburant. La compagnie aérienne allemande Lufthansa a annoncé la semaine dernière qu'elle immobiliserait des avions et réduirait sa capacité de vol en raison de la hausse des coûts du carburant, tandis que les actions du transporteur à bas prix easyJet ont chuté car le prix du kérosène pèse sur ses perspectives.
La perturbation des routes maritimes affecte les importations d'énergie en Asie et en Europe, menaçant d'exacerber l'inflation et de faire pression sur les consommateurs. Le conflit, qui entre dans sa huitième semaine, a déjà déclenché l'un des chocs énergétiques les plus importants de ces dernières années, combinant opérations militaires, blocus et perturbations du transport maritime pour déstabiliser les marchés pétroliers mondiaux.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.