Les marchés mondiaux sont sur le qui-vive alors qu'approche l'ultimatum américain exigeant que l'Iran rouvre le point de passage pétrolier le plus critique au monde, mettant en péril des milliers de milliards de dollars de commerce énergétique annuel.
Les actions européennes devraient ouvrir en hausse mardi, affichant une stabilité provisoire alors même que les investisseurs se préparent à l'échéance fixée par les États-Unis pour que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz, un conduit pour plus de 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. Le président Trump a donné à Téhéran jusqu'à mardi 20h00 (heure de l'Est) pour cesser son blocus, une impasse qui a déjà déclenché des échanges de missiles et menace de dégénérer en un conflit plus large.
« Le détroit d'Ormuz s'ouvrira lorsque tous les dommages causés par la guerre imposée auront été compensés par un nouveau régime juridique, en utilisant une partie des revenus des frais de transit », a déclaré Seyyed Mehdi Tabatabai, porte-parole du président iranien, dans un message sur les réseaux sociaux dimanche.
L'affrontement a vu des avions américains et israéliens frapper des usines pétrochimiques et sidérurgiques en Iran, tandis que l'Iran a lancé des missiles sur des villes israéliennes et des raffineries de pétrole au Koweït et aux Émirats arabes unis. En réponse à l'escalade, le Premier ministre du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani, a appelé à une reprise des négociations, tandis que des envoyés égyptiens, pakistanais et turcs auraient proposé un cessez-le-feu de 45 jours.
Le conflit menace d'interrompre les quelque 21 millions de barils de pétrole qui transitent quotidiennement par le détroit d'Ormuz, d'une valeur de plus de 1,2 milliard de dollars aux prix actuels, ce qui aurait de graves conséquences pour la sécurité énergétique mondiale et pourrait déclencher une flambée de l'inflation. Un conseiller du guide suprême iranien a également averti que le détroit de Bab al-Mandeb, une autre voie maritime clé, pourrait être pris pour cible, mettant davantage en péril le commerce mondial.
Efforts diplomatiques et frappes militaires
Au milieu de l'escalade de la rhétorique, les canaux diplomatiques s'activent pour désamorcer la crise. Des envoyés d'Égypte, du Pakistan et de Turquie auraient soumis une proposition de cessez-le-feu de 45 jours aux responsables américains et iraniens. Le Qatar et Oman participent également activement aux discussions pour trouver une résolution pacifique et assurer le flux d'énergie.
La poussée diplomatique intervient alors que le conflit s'intensifie. Israël a confirmé avoir tué Majid Khadami, le chef du renseignement du Corps des gardiens de la révolution iranienne. En représailles, l'Iran a ciblé des villes israéliennes et des infrastructures pétrolières à travers le golfe Persique. Des missiles iraniens ont frappé Tel-Aviv et Haïfa, où quatre personnes ont été tuées dans un bâtiment résidentiel. Des drones ont également touché le complexe du secteur pétrolier du Koweït ainsi qu'un bâtiment de télécommunications et un port aux Émirats arabes unis. Le ministère de la défense des Émirats arabes unis a fait état de l'interception de neuf missiles balistiques et de plus de 50 drones.
Implications économiques et réactions des marchés
Le risque économique immédiat se concentre sur le détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Une fermeture prolongée pourrait entraîner une flambée spectaculaire des prix du pétrole, augmentant la volatilité sur les marchés financiers et poussant les actions mondiales à la baisse alors que les investisseurs recherchent des actifs refuges. La dernière perturbation majeure dans le détroit en 2019 avait vu les prix du pétrole bondir de 14 % en une seule journée.
L'Iran a aggravé ces craintes en menaçant un deuxième point de passage, le détroit de Bab al-Mandeb, qui relie la mer Rouge à la mer d'Arabie. On estime que 10 % du commerce mondial passe par cette route. « Si la Maison Blanche envisage de répéter ses erreurs insensées, elle se rendra vite compte que le flux d'énergie et le commerce mondial peuvent être perturbés d'un seul signal », a prévenu Aliakbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.