L'Union européenne a lancé une enquête sur le projet d'acquisition du détaillant d'électronique allemand Ceconomy par le géant chinois du commerce électronique JD.com pour 2,5 milliards de dollars, examinant l'accord à la recherche de subventions étrangères potentielles faussant le marché.
"La Commission évalue si l'accord implique des subventions chinoises en vertu de son règlement sur les subventions étrangères", a déclaré un document de la Commission européenne, signalant un examen approfondi du soutien financier de Pékin.
La transaction de 2,2 milliards d'euros (2,5 milliards de dollars), qui donnerait à JD.com le contrôle des chaînes de vente au détail MediaMarkt et Saturn, fait face à une date limite d'examen préliminaire fixée au 28 mai. Bien que l'Italie ait déjà approuvé l'accord, celui-ci fait également l'objet d'un examen séparé au titre des règles nationales autrichiennes sur l'investissement direct étranger.
Cette enquête représente un test significatif pour l'expansion européenne de JD.com et souligne les obstacles réglementaires croissants pour les entreprises chinoises dans l'UE. La constatation de subventions déloyales pourrait contraindre JD.com à proposer des remèdes ou même conduire au blocage de l'accord, ce qui pourrait refroidir les futures activités de fusions et acquisitions entre la Chine et l'UE.
L'examen FSR s'intensifie
L'enquête sur l'accord JD.com est l'un des cas les plus médiatisés relevant du règlement sur les subventions étrangères (FSR) de l'UE, entré en vigueur pour contrer les aides d'État non européennes susceptibles de fausser la concurrence au sein du bloc. Le règlement habilite la Commission à enquêter sur les contributions financières des gouvernements étrangers aux entreprises opérant dans l'UE.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de surveillance accrue de l'UE à l'égard des entreprises chinoises. Récemment, la Commission a utilisé le FSR pour contraindre un consortium au Portugal à remplacer un sous-traitant chinois, CRRC Tangshan, dans un appel d'offres public pour une nouvelle ligne de métro, citant des subventions prétendument déloyal. La Chambre de commerce de la Chine auprès de l'UE a critiqué ces actions, arguant qu'elles sont discriminatoires et sapent le processus régulier, en particulier lorsque l'implication chinoise est mineure.
Implications plus larges pour les affaires Chine-UE
Les analystes suggèrent que l'utilisation assertive du FSR par l'UE déplace les relations économiques Chine-UE des différends commerciaux vers une concurrence plus profonde basée sur les règles. Pour les entreprises chinoises, cela signifie des cycles d'examen plus longs, des coûts de conformité plus élevés et une incertitude accrue pour les investissements en Europe. Le ministère chinois du Commerce a exprimé son vif mécontentement, qualifiant cette pratique de discriminatoire. L'issue de l'enquête sur JD.com d'ici l'échéance du 28 mai sera un indicateur critique de l'impact du FSR sur les transactions transfrontalières majeures.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.