Le 20e train de sanctions de l'UE vise une interdiction totale des cryptomonnaies
L'Union européenne avance son 20e train de sanctions, qui inclut une interdiction complète de toutes les transactions de cryptomonnaies avec la Russie. Ces mesures, dont l'adoption est prévue aux alentours du 24 février, sont conçues pour combler les lacunes financières qui ont permis à la Russie de contourner les restrictions précédentes. Contrairement aux efforts antérieurs qui ciblaient des entités spécifiques, cette proposition vise à interdire aux individus et entreprises de l'UE de s'engager avec tout fournisseur de services ou plateforme d'actifs cryptographiques établi en Russie. Un document interne de la Commission européenne a noté que le simple fait de lister les fournisseurs individuels est inefficace, car de nouveaux sont rapidement créés. Les sanctions s'étendront également à 20 banques régionales russes supplémentaires et à plusieurs institutions dans des pays tiers, dont deux banques kirghizes, Keremet et OJSC Capital Bank of Central Asia.
Les sanctions ciblent le stablecoin A7A5 après sa croissance en 2025
Les nouvelles règles semblent viser la plateforme de paiement liée à la Russie, A7, et son stablecoin indexé sur le rouble, A7A5. Malgré les sanctions antérieures, A7A5 est devenu l'un des stablecoins non-dollar à la croissance la plus rapide en termes de valeur marchande en 2025. L'opérateur de la plateforme a nié les allégations selon lesquelles il faciliterait l'évasion des sanctions. Cependant, la firme d'analyse blockchain Global Ledger a signalé avoir identifié des schémas cohérents avec des « wash trading » qui pourraient avoir artificiellement gonflé les volumes d'A7A5 et simulé la demande, jetant le doute sur l'activité rapportée du jeton.
Les analystes s'interrogent sur la faisabilité d'un blocus cryptographique complet
Les analystes de marché expriment un scepticisme significatif quant à la capacité de l'UE à faire respecter une interdiction totale de l'activité cryptographique russe. Le défi principal réside dans la nature de la finance décentralisée (DeFi), qui permet aux utilisateurs d'opérer en dehors des cadres de conformité traditionnels. Lex Fisun, PDG de Global Ledger, a noté que la proposition met en évidence une incompréhension fondamentale de la liquidité décentralisée.
À ce stade, distinguer ces fonds d'une activité de marché légitime devient techniquement impossible […]. Pour que les bourses européennes puissent appliquer une telle interdiction, elles devraient essentiellement bloquer tous les flux provenant des principaux centres de négociation mondiaux, une mesure qui paralyserait le marché légitime des cryptomonnaies.
— Lex Fisun, PDG de Global Ledger.
Fisun a expliqué que les détenteurs de jetons comme A7A5 peuvent utiliser des pools de liquidité autonomes en chaîne pour les échanger contre des stablecoins négociés mondialement sans intermédiaires. Cela rend un blocus technique complet peu probable, car l'infrastructure décentralisée reste résistante à la censure directe. Bien que les sanctions couperont les entités russes des plateformes européennes réglementées, leur efficacité dans l'écosystème DeFi plus large est limitée.