La China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) a lancé le premier projet offshore de captage et de stockage du carbone du pays, conçu pour séquestrer plus d'un million de tonnes de CO2 par an tout en améliorant la récupération de gaz naturel sur son champ Dongfang 1-1. Le projet, dont la construction a débuté le 11 avril, représente un investissement majeur dans la technologie CCUS, alors que la Chine cherche à équilibrer sa sécurité énergétique avec ses objectifs de décarbonation.
« Ce projet est une démonstration critique de l'application de la technologie CCUS à la production pétrolière et gazière offshore en Chine », a déclaré un représentant de la CNOOC dans un communiqué aux médias. « Une mise en œuvre réussie fournira un modèle pour le développement bas carbone des vastes ressources offshore du pays. »
Le champ Dongfang 1-1, situé en mer de Chine méridionale, verra le CO2 capté réinjecté dans le réservoir. Ce processus permet non seulement de stocker le gaz à effet de serre, mais aussi de maintenir la pression dans le champ gazier, une technique connue sous le nom de récupération assistée du gaz (EGR), qui augmente la quantité totale de gaz naturel pouvant être extraite. Bien que l'investissement total du projet n'ait pas été divulgué, il s'aligne sur la poussée plus large de la Chine vers le CCUS à grande échelle, la capacité totale du pays devant croître de manière significative au cours de cette décennie.
Le succès du projet est crucial pour la CNOOC et le secteur énergétique chinois. Il positionne le géant pétrolier d'État comme un acteur clé de la transition énergétique du pays, améliorant potentiellement son profil environnemental, social et de gouvernance (ESG) pour les investisseurs. Si la technologie s'avère économiquement viable et efficace à grande échelle, elle pourrait être reproduite sur d'autres champs offshore vieillissants, offrant une voie pour réduire l'intensité carbone de la production de combustibles fossiles et contribuant à l'objectif de la Chine d'atteindre le pic de ses émissions de carbone avant 2030.
Le lancement du projet CCUS Dongfang 1-1 est un jalon pour l'industrie énergétique chinoise, soumise à une pression croissante pour atténuer son impact environnemental. En tant que premier émetteur mondial de carbone, la Chine a identifié le CCUS comme une technologie clé pour décarboner les secteurs difficiles à abattre, y compris la production de combustibles fossiles.
La technologie d'injection de CO2 pour la récupération assistée n'est pas nouvelle à l'échelle mondiale, mais son application dans un cadre offshore en Chine est une première. Les projets offshore présentent des défis logistiques et d'ingénierie uniques par rapport à leurs homologues terrestres, notamment la nécessité d'infrastructures spécialisées pour le transport et l'injection du CO2. L'investissement de la CNOOC dans ce domaine témoigne de sa confiance dans sa capacité à surmonter ces obstacles.
D'un point de vue du marché, le projet renforce la position de la CNOOC. Bien que l'impact immédiat sur les volumes de production du champ Dongfang 1-1 ne soit pas encore quantifié, la valeur stratégique à long terme est claire. Une démonstration réussie pourrait débloquer de nouveaux investissements dans le CCUS à travers la région, créant un nouveau marché pour les technologies et services de captage du carbone. Cela offre également un avantage concurrentiel potentiel à la CNOOC par rapport à d'autres compagnies pétrolières nationales de la région Asie-Pacifique qui explorent également des stratégies de décarbonation.
La capacité de séquestration annuelle du projet, supérieure à un million de tonnes, est un volume significatif, équivalent au retrait d'environ 220 000 voitures de la circulation. Cela contribue directement aux objectifs climatiques nationaux de la Chine et fournit un exemple concret du rôle de l'industrie énergétique dans la transition. L'expérience acquise grâce au projet Dongfang 1-1 sera inestimable pour développer de futurs hubs CCUS dans les régions industrielles côtières de la Chine.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.