Les ventes au détail en Chine ont progressé de 2,4 % au premier trimestre par rapport à l'année précédente, un résultat plus faible que prévu qui signale une prudence persistante des consommateurs et accroît la pression sur Pékin pour fournir davantage de mesures de relance afin d'atteindre ses objectifs de croissance ambitieux.
« Le ralentissement de la consommation est un signe clair que la confiance des ménages reste faible », a déclaré Kevin Ip, stratège macro chez Edgen. « Sans une réponse politique plus vigoureuse pour d'une part stimuler les revenus et d'autre part stabiliser le secteur immobilier, ce frein à la croissance lié à la consommation risque de se poursuivre. »
L'augmentation en glissement annuel rapportée par le Bureau National des Statistiques marque une décélération par rapport à la croissance de 2,8 % enregistrée précédemment et est inférieure à la prévision médiane. Ces données faibles jettent une ombre sur un chiffre du PIB plus solide que prévu, mettant en évidence une reprise inégale plombée par des risques déflationnistes et une crise profonde du marché immobilier. Le yuan offshore (CNH) a montré une réaction muette, se maintenant près de 7,24 pour un dollar, tandis que l'indice Hang Seng à Hong Kong a vu ses gains initiaux s'effacer.
L'atonie des dépenses de consommation pose un défi de taille à l'objectif de Pékin d'atteindre environ 5 % de croissance du PIB cette année. Cette faiblesse pourrait avoir des répercussions mondiales, pesant sur les revenus des marques internationales d'Apple à LVMH, et pourrait potentiellement peser sur les prix des matières premières et les actions des marchés émergents. La dernière fois que les ventes au détail ont montré une décélération aussi marquée dans un environnement post-confinement, cela avait précédé une baisse ciblée du taux de réserves obligatoires (RRR) par la Banque populaire de Chine (PBoC) dans les deux mois.
Actions mondiales et matières premières sous surveillance
Le ralentissement est un signal baissier pour les actions mondiales ayant une forte exposition de revenus à la Chine. Les secteurs particulièrement à risque comprennent les produits de luxe, l'automobile et l'électronique grand public, qui ont historiquement dépendu du pouvoir d'achat croissant de la classe moyenne chinoise. Une baisse durable des dépenses pourrait forcer les analystes à réviser à la baisse les estimations de bénéfices pour les entreprises de ces secteurs.
De plus, les données pourraient entamer le sentiment pour les ETF des marchés émergents et les matières premières industrielles. La Chine est le plus grand consommateur mondial de matières premières telles que le cuivre et le minerai de fer, et un ralentissement de son économie domestique se traduit souvent par une demande plus faible, pouvant mener à un mouvement global d'aversion au risque. Les investisseurs surveilleront de près la prochaine série de données économiques mensuelles et tout signal politique émanant des prochaines opérations de la PBoC.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.