La profonde crise de l'immobilier en Chine n'a montré que peu de signes de stabilisation au premier trimestre, avec un investissement immobilier en baisse de 11,2 % par rapport à l'année précédente, une chute plus marquée que lors des deux premiers mois de l'année.
Les données publiées par le Bureau national des statistiques indiquent qu'une série de mesures de soutien gouvernementales n'a pas encore permis de relancer de manière significative la demande ou la confiance des promoteurs dans la deuxième économie mondiale.
Pour la période de janvier à mars, la valeur des ventes de logements commerciaux neufs a chuté de 16,7 % pour s'établir à 1 730 milliards de yuans, tandis que la surface vendue a diminué de 10,4 %. Les mises en chantier de logements ont plongé de 20,3 % sur un an, signe que les promoteurs hésitent toujours à lancer de nouveaux projets face à un excédent de logements invendus et à des perspectives de vente incertaines.
La faiblesse persistante du secteur immobilier, moteur essentiel de l'économie chinoise, pose un risque important pour l'ambitieux objectif de croissance du PIB de 5 % fixé par le gouvernement pour cette année et pourrait peser sur les cours mondiaux des matières premières.
La baisse des ventes se réduit mais ne parvient pas à stimuler l'investissement
Bien que les baisses annuelles de la valeur des ventes (-16,7 %) et de la surface (-10,4 %) pour le premier trimestre soient significatives, le rythme de contraction s'est réduit de 3,5 et 3,1 points de pourcentage respectivement par rapport à la période janvier-février. Cette amélioration marginale n'a pas suffi à inverser le sentiment négatif.
L'investissement dans l'immobilier résidentiel, qui constitue l'essentiel du marché, a chuté de 18,5 % en valeur. La surface totale de logements commerciaux invendus s'élevait à 786 millions de mètres carrés à la fin du mois de mars, soit une légère baisse de 0,1 % par rapport à l'année précédente, soulignant l'énorme stock excédentaire qui continue de peser sur les prix et de décourager les nouvelles constructions.
La chute libre continue des mises en chantier, avec une baisse de 22,0 % pour le résidentiel, suggère que la crise de liquidité des promoteurs est loin d'être terminée. Beaucoup privilégient l'achèvement des projets existants pour générer des flux de trésorerie plutôt que d'investir dans de nouveaux projets, une tendance qui limitera probablement toute reprise de l'activité de construction à court terme. Ces données renforcent les perspectives baissières sur l'économie chinoise, accentuant la pression sur Pékin pour déployer des mesures de relance plus vigoureuses afin de briser le cycle de la baisse des prix et de la faiblesse de la demande.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.