Les données contradictoires de l'économie chinoise en avril dressent le portrait d'une reprise à deux vitesses, alors que la vigueur des enquêtes privées s'oppose aux signes officiels d'un ralentissement de la dynamique.
Le secteur des services privés en Chine a progressé plus rapidement en avril, l'indice PMI des services RatingDog grimpant de 52,1 à 52,6. Pourtant, cette accélération dans un segment clé de la nouvelle économie contraste vivement avec les données officielles montrant un ralentissement généralisé et une contraction de l'activité non manufacturière, accentuant les doutes sur la stabilité de la reprise du pays.
« Les perspectives du secteur de l'exportation sont très importantes pour l'économie chinoise, car la demande intérieure est faible », a déclaré Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management, dans une note récente, soulignant la dépendance de l'économie vis-à-vis de la demande extérieure.
La lecture optimiste des services RatingDog fait suite à celle du secteur manufacturier, qui a bondi à 52,2. Cependant, les données officielles du Bureau National des Statistiques (NBS) présentent un tableau plus préoccupant. L'indice PMI non manufacturier officiel, qui inclut les services et la construction, est tombé en contraction à 49,4, tandis que l'indice PMI manufacturier officiel a légèrement reculé à 50,3. Cela a ramené l'indice PMI composite à 50,1, frôlant la zone d'expansion.
Cette divergence entre enquêtes privées et officielles souligne une reprise inégale, lourdement dépendante d'un commerce d'exportation florissant alors que la demande intérieure reste fragile. La faiblesse de l'indice PMI non manufacturier officiel pointe vers une consommation atone et un secteur immobilier en difficulté, des défis qui pourraient nécessiter des mesures de relance plus ciblées de la part de la Banque populaire de Chine pour assurer une croissance plus large et équilibrée d'ici 2026.
Le récit de deux PMI
Les derniers chiffres de la Chine posent une énigme aux investisseurs. L'indice PMI des services RatingDog, une enquête privée axée sur les entreprises récentes et orientées vers l'exportation, a montré une saine accélération à 52,6 en avril. Cela suggère que l'activité dans le secteur des services, du moins parmi ces entreprises, est robuste. Cela fait écho à la vigueur observée dans l'enquête manufacturière RatingDog, qui a atteint un sommet pluriannuel de 52,2, portée par une hausse des nouvelles commandes à l'exportation.
Cet optimisme du secteur privé n'est toutefois pas reflété dans les enquêtes gouvernementales officielles. Le Bureau National des Statistiques (NBS) a rapporté que son indice PMI non manufacturier est tombé à 49,4, passant sous la barre des 50 qui sépare l'expansion de la contraction pour la première fois depuis des mois. L'indice PMI manufacturier officiel, bien qu'encore en expansion à 50,3, a également montré une légère perte de vitesse par rapport à la lecture de 50,4 en mars.
Exportations fortes, demande intérieure faible
La fracture des données met en lumière les deux moteurs différents de l'économie chinoise. Les fabricants orientés vers l'exportation, particulièrement dans les secteurs de la haute technologie, prospèrent. Les données commerciales du premier trimestre ont montré une croissance massive en glissement annuel des exportations de véhicules électriques (en hausse de 78 %), de batteries au lithium (en hausse de 50 %) et de semi-conducteurs (en hausse de 78 %), selon Barclays. Cette vigueur semble s'être poursuivie au deuxième trimestre.
Cependant, cette force des exportations ne s'est pas traduite par une reprise intérieure robuste. La contraction de l'indice PMI non manufacturier officiel a été principalement alimentée par une demande intérieure atone, les consommateurs restant hésitants à dépenser dans un contexte de détérioration du marché du travail et d'incertitude économique. Cette faiblesse constitue un vent contraire significatif pour l'objectif de croissance du PIB de Pékin pour 2026, fixé à 4,6 %, car la consommation devrait en être le principal moteur. La divergence suggère que sans un rebond significatif des dépenses intérieures, la reprise économique restera déséquilibrée et vulnérable aux chocs externes.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.