La croissance de la production d'électricité industrielle de la Chine a considérablement ralenti en mars, dernier indicateur en date d'un essoufflement de la deuxième économie mondiale, alors que les pressions externes liées aux tensions géopolitiques et à l'affaiblissement de la demande mondiale commencent à se faire sentir.
« Les exportations de la Chine ont ralenti alors que la guerre en Iran commence à affecter la demande mondiale et les chaînes d'approvisionnement », a déclaré Gary Ng, économiste senior pour l'Asie-Pacifique à la banque française Natixis, dans une note récente. Le ralentissement de l'activité industrielle reflète les défis auxquels est confronté le vaste secteur manufacturier du pays.
La production d'électricité des industries dépassant une certaine taille a augmenté de 1,4 % sur un an pour atteindre 802,5 milliards de kilowattheures, selon les données du Bureau national des statistiques (NBS). Cela marque une nette décélération de 2,7 points de pourcentage par rapport au taux de croissance enregistré au cours des deux premiers mois de 2026. Ce ralentissement coïncide avec une croissance des exportations en mars de seulement 2,5 %, un chiffre inférieur aux estimations des analystes et en forte chute par rapport à la hausse de 21,8 % observée en janvier et février.
Ces données présentent un tableau contrasté pour l'économie avant les chiffres du produit intérieur brut du premier trimestre attendus jeudi. Si la consommation d'électricité industrielle ralentit, les importations ont bondi de 27,8 % en mars, dépassant les attentes. Cependant, la faiblesse de la production d'électricité, un indicateur clé de l'activité industrielle, suggère que le secteur manufacturier subit la pression de la hausse des coûts de l'énergie et d'une reprise mondiale fragile. Une répartition par source révèle un paysage énergétique complexe : la production d'électricité thermique a augmenté de 4,2 % sur un an, mais la production nucléaire a chuté de 11,8 % et l'éolien a baissé de 17,3 % par rapport à la même période l'année dernière.
Le ralentissement accentue la pression sur Pékin pour soutenir la croissance, alors que le pays traverse une crise immobilière prolongée qui pèse sur la demande intérieure. Les dirigeants chinois ont fixé un objectif de croissance économique de 4,5 % à 5 % pour 2026, le plus bas depuis 1991. Une décélération continue de la production industrielle pourrait forcer les décideurs à envisager de nouvelles mesures de relance pour garantir l'atteinte de cet objectif.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.