Le principal planificateur économique de la Chine a augmenté les prix domestiques de l'essence et du diesel de 420 yuans et 400 yuans par tonne, respectivement, alors que les références mondiales du brut ont enregistré leur plus forte progression trimestrielle en plus de 30 ans. Cette décision intervient après que les prix du baril de Brent ont dépassé les 118 $ au premier trimestre 2026.
La Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) a déclaré que l'ajustement a été effectué pour atténuer l'impact des fluctuations brutales des prix internationaux du pétrole sur le marché intérieur. Les compagnies pétrolières d'État PetroChina, Sinopec et CNOOC ont reçu l'ordre d'organiser la production et la distribution pour assurer un approvisionnement stable et respecter les politiques nationales de prix.
La nature interventionniste de la hausse était claire, les augmentations mises en œuvre étant nettement inférieures à ce que le mécanisme de tarification du pétrole raffiné aurait dicté. Selon la déclaration de la NDRC, sur la base de la flambée des prix internationaux, les prix de l'essence et du diesel auraient dû être augmentés de 800 yuans et 770 yuans par tonne, respectivement.
Cet ajustement réglementé des prix vise à équilibrer la maîtrise de l'inflation intérieure et la garantie de la rentabilité des raffineurs d'État. Le contexte est celui d'un marché pétrolier mondial en plein désarroi, avec la fermeture de facto du détroit d'Ormuz suite à l'action militaire du 28 février, ce qui a étranglé l'offre et poussé le baril de Brent à sa plus forte hausse trimestrielle ajustée de l'inflation depuis 1988.
L'agitation mondiale alimente les pressions sur les prix
Le principal moteur de la décision de la NDRC est la hausse spectaculaire des prix internationaux du brut. Le baril de Brent a commencé l'année à 61 $ et a terminé le premier trimestre à 118 $. La flambée s'est accentuée à la fin février après que des actions militaires au Moyen-Orient ont conduit à la fermeture effective du détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour les expéditions mondiales de pétrole.
En réponse aux risques de transit, les principaux producteurs, dont l'Arabie saoudite, l'Irak et les Émirats arabes unis, ont été contraints de suspendre leur production, resserrant davantage l'offre mondiale. Cette perturbation a provoqué l'élargissement de l'écart de prix entre le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) à son plus haut niveau en plus de cinq ans, culminant à 25 $ le baril le 31 mars, les prix du WTI étant plus isolés par les stocks américains solides.
Les géants d'État entre politique et profit
Pour les géants pétroliers intégrés de Chine — PetroChina, Sinopec et CNOOC — l'environnement de prix réglementé présente un scénario mitigé. Si la hausse des prix du brut profite à leurs segments d'exploration et de production en amont, le plafonnement des prix des produits raffinés comprime les marges de raffinage. La directive du gouvernement privilégie la sécurité énergétique nationale et la stabilité économique plutôt que de permettre la répercussion totale des coûts internationaux, une mesure qui pourrait créer une incertitude à court terme pour les actions de ces sociétés.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.