Le régulateur chinois des valeurs mobilières a publié de nouvelles règles globales conçues pour freiner la prise de risque excessive et le court-termisme dans le secteur du courtage, imposant la récupération des bonus pour le personnel ayant quitté l'entreprise et imposant des examens de performance d'au moins trois ans pour les employés clés. Cette initiative vise à favoriser la stabilité à long terme et à aligner la rémunération sur la performance durable plutôt que sur les revenus immédiats.
La version mise à jour des « Directives pour l'établissement d'un système de rémunération sain par les sociétés de valeurs mobilières » a été publiée par l'Association chinoise des valeurs mobilières (SAC). L'association a déclaré que l'objectif était de mettre en œuvre la vision des nouveaux « Neuf articles nationaux » (国九条) en créant un cadre de rémunération qui équilibre les incitations avec les contraintes, l'efficacité avec l'équité, et les objectifs à long terme avec la performance à court terme.
Selon les directives révisées, les courtiers doivent mettre en œuvre des évaluations à long terme pour le personnel clé, y compris le président, la direction générale et les chefs des principales unités commerciales. Ces évaluations doivent inclure des indicateurs de performance s'étendant sur trois ans ou plus. En outre, les paiements de bonus différés pour le personnel occupant des rôles ayant une influence directe sur le risque doivent désormais commencer au plus tôt la deuxième année après l'année de performance, une structure connue sous le nom de « T+2 ».
Ces réglementations représentent un resserrement significatif de la surveillance du secteur financier chinois, forçant les entreprises à réviser leurs structures de rémunération et augmentant potentiellement les coûts de conformité. Les règles sont conçues pour freiner le type de comportement à haut risque qui pourrait conduire à une instabilité systémique, une priorité centrale pour Pékin. Pour les principaux courtiers comme CITIC Securities, Huatai Securities et CICC, cela signifie repenser fondamentalement la manière dont ils récompensent les meilleurs talents pour assurer l'alignement avec la stratégie économique à long terme du pays.
Extension de la récupération au personnel retraité
Une mise à jour critique des directives stipule explicitement que les mesures de récupération de bonus et de responsabilité s'appliquent désormais aux employés qui ont quitté leur entreprise ou qui sont à la retraite. Les règles exigent que ces anciens employés coopèrent aux enquêtes internes et restituent la rémunération basée sur la performance liée à toute conclusion ultérieure de faute professionnelle ou d'exposition excessive au risque.
« La disposition de récupération s'applique désormais au personnel parti et retraité, et les personnes concernées sont censées coopérer », précise la directive de la SAC. Cela comble une lacune où les employés pouvaient auparavant éviter les sanctions financières pour les risques à long terme en démissionnant simplement ou en prenant leur retraite. Les directives exigent également que toute violation soit enregistrée dans la base de données de réputation professionnelle du secteur, ce qui pourrait avoir un impact sur les perspectives de carrière futures de l'individu dans le secteur financier.
Décorrélation de la paie et des revenus des projets
La SAC s'attaque également directement aux modèles de rémunération qu'elle considère comme encourageant le risque excessif. Les directives interdisent explicitement aux entreprises d'utiliser des méthodes d'« évaluation indépendante », telles que le versement au personnel d'un pourcentage direct des revenus des projets qu'ils initient ou gèrent. Cette pratique, courante dans la banque d'investissement et le trading, est considérée comme un moteur clé des comportements à court terme et à haut risque.
Les règles stipulent que les entreprises ne doivent pas « mettre en œuvre des incitations excessives par le biais de méthodes d'évaluation indépendante telles que le partage proportionnel direct » et ne doivent pas « lier directement la rémunération des employés aux revenus des projets qu'ils entreprennent ou sollicitent ». Cela impose un passage vers un processus d'évaluation plus holistique, intégrant la conformité, le contrôle des risques et les contributions à la valeur de l'entreprise à long terme, plutôt que la simple génération de revenus immédiats. Les réglementations s'appliquent à toutes les sociétés de valeurs mobilières et à leurs filiales, garantissant une mise en œuvre large dans tout le secteur.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.