Un nouveau projet de loi au Canada, la Loi sur des élections fortes et libres, interdirait tous les dons en cryptomonnaie aux partis politiques et aux tiers, invoquant des risques d'ingérence étrangère et un manque de transparence.
Le gouvernement canadien a déposé une mesure législative qui rendrait illégaux tous les dons en cryptomonnaie aux entités politiques. La « Loi sur des élections fortes et libres » proposée vise également les mandats postaux et les cartes prépayées, dans le but de combler les lacunes qui permettent des contributions intraçables lors des élections fédérales.
« Le problème avec ces instruments est qu'ils n'offrent pas de transparence quant à la source originale du contributeur », a déclaré le directeur général des élections, Stéphane Perrault, lors d'une réunion du Comité de la procédure et des affaires de la Chambre, soulignant le cœur du problème.
En vertu de la loi canadienne actuelle, la crypto est classée comme une contribution « non monétaire ». Alors que les dons de plus de 200 $ nécessitent l'identification du donateur, les montants inférieurs sont considérés comme « nuls », créant un écart important en matière de transparence. M. Perrault a noté que si ces règles ont été conçues pour de petits cadeaux comme de la nourriture, leur application à la crypto est problématique car elle « fonctionne de plus en plus comme de l'argent ».
Cette initiative fait suite aux manifestations du « Convoi de la liberté » de 2022, où les organisateurs ont récolté plus de 20 millions de dollars en crypto après que les canaux de financement traditionnels ont été gelés par le gouvernement. Cet événement a démontré la capacité de la crypto à contourner les contrôles financiers, plaçant la question des fonds intraçables dans des contextes politiques sensibles au premier plan pour les législateurs.
Intégrité électorale et fonds intraçables
Le financement des élections au Canada est supervisé par deux organismes complémentaires : Élections Canada, qui administre les règles, et le commissaire aux élections fédérales, qui les fait respecter. Les deux organismes ont signalé les actifs numériques comme un défi. Un porte-parole du bureau du commissaire a déclaré à Cointelegraph les « difficultés potentielles liées au traçage de la source de financement » pour les dons en crypto.
Le cœur du problème réside dans une règle de la Loi électorale du Canada (LEC) qui considère les contributions non monétaires de moins de 200 $ comme ayant une valeur « nulle » si elles ne sont pas faites par une entité commerciale. Cela était destiné aux cadeaux mineurs de biens ou de services, mais M. Perrault a officiellement recommandé au Parlement d'« interdire de verser des contributions en cryptomonnaie et par des instruments intraçables », car cela pourrait être « un moyen par lequel des ressources non réglementées pourraient entrer dans le régime de financement politique fédéral ».
Malgré ces inquiétudes, Élections Canada a reconnu que la crypto n'est pas encore largement utilisée pour la collecte de fonds fédérale, mais a noté qu'il manquait de chiffres officiels car le cadre de déclaration actuel n'exige pas de divulgation spécifique pour les contributions en crypto.
L'interdiction proposée fait partie d'une approche plus large de « régulation d'abord » du gouvernement canadien, qui a récemment introduit une législation pour réglementer les stablecoins sous l'égide de la Banque du Canada. Bien que certains membres de l'industrie canadienne de la crypto considèrent l'interdiction des dons comme une priorité moindre que des questions comme la réglementation des stablecoins, ils ne la soutiennent pas, y voyant une nouvelle étape dans un environnement réglementaire qui se durcit.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.