Le Canada crée son premier fonds souverain, un fonds de guerre de 25 milliards de dollars canadiens conçu pour garantir sa souveraineté économique dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis.
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Le Canada crée son premier fonds souverain, un fonds de guerre de 25 milliards de dollars canadiens conçu pour garantir sa souveraineté économique dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis.

Le Canada crée son premier fonds souverain, un fonds de guerre de 25 milliards de dollars canadiens conçu pour garantir sa souveraineté économique dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis.
Le gouvernement canadien lancera son premier fonds souverain, le « Canada Strong Fund » de 25 milliards de dollars canadiens, pour co-investir dans des projets nationaux d'énergie, d'infrastructure et de ressources en réponse directe aux pressions commerciales exercées par les États-Unis.
« Les États-Unis ont changé — c'est leur droit. Nous répondons — c'est notre impératif », a déclaré le Premier ministre Mark Carney lors de l'annonce à Ottawa, présentant le fonds comme un outil d'autonomie économique.
Cette initiative survient alors que le Canada reste le seul pays du G7 à ne pas avoir conclu d'accord d'allégement tarifaire avec la Maison-Blanche, ce qui bloque les négociations commerciales. Le nouveau fonds prendra des participations au capital, s'écartant ainsi du modèle basé sur les prêts de l'actuelle Banque de l'infrastructure du Canada, qui a déployé plus de 18 milliards de dollars canadiens dans 108 projets.
Le fonds vise à isoler les industries canadiennes critiques des changements politiques étrangers en favorisant la propriété nationale, mais son succès dépendra de sa capacité à attirer des capitaux privés et à fonctionner de manière indépendante. Cependant, certains économistes sont sceptiques, comme Derek Holt de la Banque de Nouvelle-Écosse, qui note que le déficit du compte courant du Canada, d'environ 1 % du PIB, soulève des questions sur le fait de savoir si le fonds élargira le bassin de capitaux ou redirigera simplement l'épargne existante.
Le Canada Strong Fund représente un changement significatif dans la politique industrielle du pays, passant d'un modèle de subventions et de prêts à un modèle axé sur la propriété directe par capitaux propres. L'objectif déclaré est de s'assurer que les Canadiens conservent une plus grande part de la richesse générée par les vastes actifs stratégiques de la nation, notamment les minéraux critiques, l'énergie et les ressources agricoles. En prenant des participations, le fonds est conçu pour générer des rendements commerciaux pour le public, au-delà des seuls avantages fiscaux et de l'emploi.
Cette stratégie tente de résoudre un problème persistant de capture de la valeur pour le Canada, où les capitaux étrangers ont souvent joué un rôle dominant dans le financement du développement des ressources et des infrastructures à grande échelle. Bien que cela ait permis l'exécution des projets, cela a également signifié qu'une part importante de la plus-value financière à long terme quittait le pays. Le nouveau fonds, doté d'une contribution fédérale initiale de 25 milliards de dollars canadiens, est destiné à agir comme un puissant co-investisseur national aux côtés du capital privé.
Un élément critique de la proposition est la gouvernance du fonds. Les responsables ont déclaré qu'il sera établi en tant que société d'État indépendante, fonctionnant sans influence politique directe pour sélectionner les projets sur la base de leur mérite commercial. Cette structure est essentielle pour éviter le risque que le fonds ne devienne un véhicule pour des projets motivés par des considérations politiques qui ne seraient pas commercialement viables. Le gouvernement prévoit plusieurs mois de consultations pour finaliser le mandat du fonds et son cadre de gouvernance.
Des comparaisons ont été faites avec des fonds souverains établis comme ceux de la Norvège et de Singapour. Cependant, contrairement au fonds norvégien construit sur d'énormes excédents pétroliers et gaziers, celui du Canada est lancé via une contribution fédérale directe alors que le pays accuse un déficit du compte courant. Cela rend primordiale la capacité du fonds à opérer avec une discipline commerciale et à recycler les gains d'investissement dans de nouveaux projets pour obtenir un effet de croissance composée à long terme.
L'un des aspects les plus novateurs du plan est le potentiel d'un produit d'investissement de détail, qui permettrait aux Canadiens d'investir directement dans le fonds. Bien que les détails restent sujets à consultation, cette composante vise à démocratiser la participation à la croissance industrielle de la nation. Les investisseurs doivent toutefois être prudents, car de tels projets comportent des risques inhérents, notamment des délais longs et une exposition aux prix des matières premières, et la conception de tout mécanisme de partage des risques n'a pas encore été divulguée.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.