Le Cambodge a fermé 91 casinos et expulsé plus de 13 000 ressortissants étrangers dans le cadre d'une vaste répression de la cybercriminalité transnationale, suite à des pressions diplomatiques de haut niveau exercées par la Chine pour éradiquer les vastes réseaux d'escroquerie opérant à l'intérieur de ses frontières.
« Sous la direction du Premier ministre Hun Manet, le Cambodge a fait de la lutte contre les escroqueries en ligne une priorité nationale », a déclaré Neth Pheaktra, ministre de l'Information du Cambodge, dans un communiqué, ajoutant que le gouvernement a une « détermination inébranlable à éradiquer les escroqueries en ligne ».
L'action répressive, qui a vu plus de 250 centres d'escroquerie perquisitionnés en neuf mois, s'est accélérée après la visite du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, le 22 avril. Les autorités rapportent que 13 039 ressortissants étrangers ont été expulsés et que 241 888 autres personnes ont quitté le pays volontairement entre janvier et avril, alors qu'une nouvelle loi anti-escroquerie prévoyant des peines allant jusqu'à la prison à perpétuité est entrée en vigueur.
Cette répression représente une tentative critique du Cambodge pour restaurer sa réputation internationale et démanteler l'étiquette « Scambodia » qui a découragé les investissements légitimes. Le succès de cette campagne est vital pour que Phnom Penh regagne son rang économique et diplomatique, alors que la date limite du 1er juillet pour les nouveaux décrets régionaux sur la cybersécurité approche à grands pas.
La nouvelle loi instaure la prison à perpétuité
Pour donner une assise juridique à la répression, le Cambodge a promulgué une nouvelle loi le 6 avril 2026, créant certaines des peines les plus sévères de la région pour la cybercriminalité. Selon le nouveau cadre, les chefs d'opérations d'escroquerie entraînant la mort d'une victime peuvent être condamnés à la prison à perpétuité. Les patrons dont les activités impliquent la torture, la détention illégale ou la traite des êtres humains encourent des peines de 10 à 20 ans, tandis que même les participants de bas niveau risquent deux à cinq ans de prison.
Les lourdes peines sont une réponse directe à la nature brutale des complexes d'escroquerie, où les victimes sont souvent attirées par des offres d'emploi frauduleuses, puis retenues captives et forcées de mener des escroqueries. La législation vise à démanteler la hiérarchie criminelle du haut vers le bas, signalant la fin de l'ère de l'impunité pour les exploitants dans le pays.
La pression régionale s'accentue
L'intensification de la campagne fait suite à des mois de pression internationale croissante. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a été sans équivoque lors de sa visite en avril, exhortant le Cambodge à prendre des « mesures plus fortes » et à éradiquer complètement les réseaux qui menacent la sécurité publique dans les deux pays. Cette question est devenue un point focal majeur dans les relations entre le Cambodge et la Chine.
La pression ne vient pas seulement de Pékin. Les États-Unis ont également annoncé des sanctions et des poursuites pénales contre des réseaux de cybercriminalité basés au Cambodge et au Myanmar. L'examen international coordonné n'a laissé à Phnom Penh d'autre choix que d'agir de manière décisive. La campagne a également eu un impact significatif sur la Thaïlande voisine, qui coopère avec la Chine pour poursuivre les meneurs et a mené ses propres raids sur les centres d'escroquerie le long des frontières thaï-cambodgiennes et birmanes. Les fermetures et les expulsions massives sont un signal clair que le Cambodge tente de démontrer des progrès visibles à ses partenaires internationaux.
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