Le gouvernement brésilien a bloqué l'accès à 28 plateformes de marchés de prédiction vendredi, signalant une répression réglementaire décisive contre ce qu'il considère comme des paris illégaux et un durcissement des règles pour les produits dérivés.
« Cette mesure s'inscrit dans un effort plus large visant à protéger l'épargne des Brésiliens et à s'attaquer à l'augmentation du niveau d'endettement des ménages », a déclaré le vice-ministre des Finances Dario Durigan aux journalistes à Brasilia.
Le ministère des Finances a confirmé que les plateformes populaires Polymarket et Kalshi figuraient parmi les 28 entreprises bloquées pour non-conformité aux lois fédérales sur les jeux d'argent. L'action a été renforcée par une résolution du Conseil monétaire national publiée le même jour, qui interdit explicitement les contrats basés sur des « événements réels ou virtuels de nature politique, électorale, sociale, culturelle ou de divertissement ».
L'interdiction ferme de fait un marché naissant dans la plus grande économie d'Amérique latine et crée un précédent négatif important pour le secteur mondial des marchés de prédiction. La décision pourrait décourager l'investissement et réduire la base d'utilisateurs de ces plateformes, qui opèrent dans une zone grise réglementaire dans de nombreuses juridictions, y compris dans certaines parties des États-Unis.
L'action du gouvernement avait été préfigurée. Dans une récente interview, Durigan avait souligné la nécessité d'un cadre réglementaire plus clair, notant que les règles existantes pour les paris et les dérivés financiers ne couvraient pas de manière adéquate les marchés de prédiction. La nouvelle résolution apporte cette clarté en interdisant l'offre et la négociation de dérivés dont les actifs sous-jacents ne sont pas liés à une référence économique ou financière claire, telle que déterminée par le régulateur brésilien des valeurs mobilières.
Cette position décisive contraste nettement avec les récentes explorations de la principale bourse du Brésil, B3 SA. La bourse avait étudié l'élargissement de ses offres pour inclure des contrats basés sur des événements, y compris des produits liés aux élections, et avait sollicité des avis juridiques sur leur admissibilité au regard du droit brésilien. Cette voie semble désormais fermée.
Le paysage réglementaire mondial pour les marchés de prédiction reste fragmenté. Alors que le Brésil a opté pour une interdiction pure et simple, d'autres régions se demandent comment classer et superviser ces plateformes. Aux États-Unis, par exemple, la Maison Blanche a mis en garde les employés fédéraux contre l'utilisation de ces marchés, mais leur légalité reste débattue, certains États comme le Minnesota envisageant leurs propres interdictions. L'absence d'approche unifiée souligne le défi auquel les régulateurs sont confrontés pour s'adapter aux nouvelles technologies financières qui brouillent les lignes entre les paris et les instruments financiers.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.