Le conseil d'administration de BP a limogé à l'unanimité le président Albert Manifold pour des problèmes de gouvernance et de conduite, faisant chuter l'action de 6 % et approfondissant la tourmente au sein de la direction du géant britannique de l'énergie.
Le conseil d'administration de BP Plc a évincé le président Albert Manifold avec effet immédiat après avoir découvert des manquements en matière de gouvernance et des problèmes de conduite jugés inacceptables, entraînant une chute de 6 % de l'action cotée à Londres et aggravant l'instabilité de la direction au sein du géant énergétique âgé de 117 ans.
« Albert a contribué à apporter une orientation et un rythme bienvenus à la transformation de BP. Cependant, le conseil a été surpris et déçu d'apprendre des manquements en matière de gouvernance et des problèmes de conduite qu'il juge inacceptables et a pris des mesures décisives », a déclaré Amanda Blanc, administratrice senior indépendante chez BP.
Manifold, qui avait pris ses fonctions de président en octobre, a joué un rôle central dans l'accélération du recentrage stratégique de BP vers les combustibles fossiles. En février 2025, l'entreprise a dévoilé des plans visant à réduire ses dépenses dans les actifs liés à la transition énergétique et à se recentrer sur son activité traditionnelle pétrolière et gazière afin de raviver le cours de son action. BP a également nommé Meg O'Neill comme cinquième directeur général en six ans à la fin de l'année dernière.
Ce départ brutal crée une nouvelle incertitude à un moment crucial. L'action de BP peine à se remettre d'années de sous-performance par rapport à ses homologues américaines Exxon Mobil Corp. et Chevron Corp., et le vide à la direction risque de ralentir l'exécution de la stratégie de redressement d'O'Neill. L'administrateur Ian Tyler assurera la présidence par intérim pendant que l'entreprise cherche un remplaçant permanent.
La décision du conseil a été unanime, a indiqué BP dans un communiqué mardi. L'entreprise a refusé de fournir plus de détails sur les problèmes spécifiques de gouvernance ayant conduit au départ de Manifold, et il n'a pas été possible de joindre immédiatement ce dernier pour obtenir un commentaire.
La tourmente de la direction s'aggrave
L'éviction de Manifold marque le dernier bouleversement au sein du conseil d'administration de BP. L'entreprise a désormais vu défiler cinq directeurs généraux en six ans et doit relever le défi de stabiliser sa direction tout en naviguant dans la transition énergétique. O'Neill, qui a pris les rênes à la fin de l'année dernière, doit désormais composer avec un président par intérim alors qu'elle poursuit la stratégie que Manifold a contribué à élaborer.
Les préoccupations en matière de gouvernance surviennent alors que BP subit des pressions de la part des investisseurs pour améliorer ses rendements. Le recentrage de l'entreprise vers le pétrole et le gaz — inversant certains des objectifs ambitieux en matière d'énergies renouvelables fixés sous l'ancien directeur général Bernard Looney — visait à réduire l'écart de valorisation avec ses rivales américaines. La capitalisation boursière de BP, d'environ 65 milliards de livres (83 milliards de dollars), reste inférieure à la moitié de celle d'Exxon, qui s'élevait à environ 440 milliards de dollars à la dernière clôture.
La dernière fois que BP a connu une crise de direction de cette ampleur, c'était en 2022, lorsque la démission de Looney pour des problèmes de conduite personnelle a déclenché une révision stratégique qui a finalement conduit au recentrage de l'entreprise vers les combustibles fossiles. Cet épisode a effacé environ 8 milliards de livres de valeur boursière en deux semaines, selon les données de Bloomberg.
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