Bank of America Securities prévoit désormais un cours moyen du baril de Brent à 92,50 $ cette année, une révision à la hausse significative tirée par le risque croissant de conflit géopolitique prolongé.
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Bank of America Securities prévoit désormais un cours moyen du baril de Brent à 92,50 $ cette année, une révision à la hausse significative tirée par le risque croissant de conflit géopolitique prolongé.

Bank of America Securities a relevé sa prévision pour le Brent en 2026 à 92,50 $ le baril, soulignant le risque d'un conflit élargi au Moyen-Orient qui pourrait gravement impacter l'offre mondiale.
La note de recherche de la banque, publiée mardi, a esquissé un scénario dans lequel une guerre prolongée pourrait pousser les prix du pétrole bien plus haut. « Sur la base de données historiques, une perte de plus de 10 millions de barils par jour de l'offre de pétrole pendant 12 mois pourrait faire passer le Brent d'un prix d'avant-guerre de 70 $ le baril à une fourchette comprise entre 150 et 200 $ », indique le rapport.
La révision des prévisions crée des perspectives radicalement différentes pour les deux plus grandes compagnies pétrolières chinoises. La banque a relevé son objectif de cours pour PetroChina Co. (00857.HK) à 12 HK$ contre 10,5 HK$, tout en abaissant celui de China Petroleum & Chemical Corp., ou Sinopec (00386.HK), à 5 HK$ contre 6 HK$.
Cette divergence met en lumière les pressions opposées des prix élevés du pétrole sur l'industrie. Les producteurs en amont comme PetroChina, qui se concentrent sur l'exploration et l'extraction, bénéficient directement de la hausse des prix du brut. En revanche, les entreprises en aval comme Sinopec, centrées sur le raffinage et la commercialisation, voient leurs marges bénéficiaires comprimées par l'augmentation du coût des matières premières.
L'ajustement des objectifs de cours reflète ce clivage amont/aval. Bank of America a relevé sa prévision de bénéfice net pour 2026 pour PetroChina de 23 % à 185 milliards de yuans, anticipant des revenus plus solides grâce à la hausse des prix du pétrole et du gaz.
À l'inverse, la banque a abaissé sa prévision de bénéfice net pour Sinopec de 12 %. « Ses activités en aval sont plus neutres, et ses résultats bénéficient moins des prix élevés du pétrole », précise le rapport. La dynamique du marché favorise les entreprises disposant d'actifs de production importants, capables de vendre du brut à des prix élevés, par rapport à celles qui doivent l'acheter comme matière première pour leurs opérations de raffinage.
Ajoutant un autre volet à son analyse, Bank of America a tempéré ses perspectives de consommation d'énergie en Chine. La banque prévoit désormais que la demande apparente de pétrole brut de la Chine diminuera de 1 % en glissement annuel pour atteindre 786 millions de tonnes en 2026.
La prévision de croissance de la demande de gaz naturel a également été ramenée de 3 % à 2 %. Cette révision est liée à l'envolée des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), l'indice de référence spot JKM en Asie ayant grimpé de 91 % depuis la fin février. Selon la banque, le maintien de coûts élevés pour le gaz transporté par mer pourrait affaiblir sa compétitivité, entraînant un passage accru du gaz au charbon et freinant la croissance de la demande à moyen terme.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.