BNB Chain a publié le 15 mai un rapport technique décrivant une trajectoire de migration en deux étapes vers la cryptographie post-quantique, un plan qui révèle des compromis de performance significatifs au nom de la sécurité à long terme. La recherche montre que la mise à niveau est réalisable mais se fait au prix d'une réduction de 40 % à 50 % du débit du réseau.
Le plan, détaillé dans un rapport de recherche de BNB Chain, se concentre sur le remplacement des systèmes cryptographiques actuels pour se défendre contre la menace future des ordinateurs quantiques. « La préparation post-quantique est techniquement possible aujourd'hui », indique le rapport, tout en reconnaissant que les compromis sont « significatifs ».
La stratégie de migration repose sur deux changements fondamentaux : le passage des signatures de transactions de l'ECDSA à l'algorithme résistant au quantum ML-DSA-44, et la mise à niveau de l'agrégation des votes de consensus des validateurs vers une nouvelle technologie appelée pqSTARK. Ce changement fait passer la taille moyenne des transactions d'environ 110 octets à 2,5 kilo-octets. Sous des charges de transactions similaires, la taille des blocs bondit d'environ 130 kilo-octets à près de 2 mégaoctets, provoquant directement la chute du débit du réseau.
Cette annonce marque un changement de stratégie majeur pour l'écosystème de 85 milliards de dollars qui, il y a quelques semaines à peine, était signalé dans un rapport de CryptoTimes comme la seule blockchain du top 5 sans « aucune feuille de route post-quantique publiée, aucune implémentation sur testnet et aucune équipe de recherche dédiée ». Ce nouveau plan place BNB Chain dans une course aux côtés de rivaux comme Ethereum et Solana, qui disposent de feuilles de route pluriannuelles et de testnets actifs pour la résistance quantique.
Le rapport souligne une distinction clé entre les couches de transaction et de consensus. Alors que les signatures ML-DSA-44 alourdissent considérablement les transactions individuelles, l'agrégation pqSTARK côté consensus s'est révélée très efficace. Les chercheurs ont noté qu'elle compressait les données de signature des validateurs environ 43 fois, réduisant un ensemble de 14,5 Ko composé de six signatures de validateurs en une seule preuve de 340 octets.
Cela suggère que le principal goulot d'étranglement pour les blockchains post-quantiques n'est pas le consensus, mais la bande passante brute du réseau nécessaire pour déplacer des blocs plus volumineux entre les nœuds. Les conclusions présentent le défi de la résistance quantique moins comme un problème cryptographique que comme un problème de gestion des données. Pour BNB Chain, la voie vers la sécurité future dépend désormais de la capacité à supporter le poids supplémentaire des transactions à l'épreuve du quantum sans paralyser le réseau.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.