Les nouvelles prévisions estiment l'inflation au-delà de 4%
Une nouvelle analyse d'Adam Posen, président du Peterson Institute, et de Peter R. Orszag, PDG de Lazard, projette que l'inflation américaine pourrait grimper au-delà de 4% cette année, marquant un net renversement de la tendance désinflationniste qui avait ramené l'indice des prix à la consommation à 2,7% en 2025. Cette prévision remet en question le consensus qui avait alimenté les attentes de baisses de taux de la Réserve fédérale de l'ordre de 50 à 75 points de base en 2026.
Les chercheurs soutiennent que plusieurs facteurs l'emporteront sur les pressions déflationnistes de l'intelligence artificielle et de la baisse des coûts du logement. Ils estiment que l'impact différé des tarifs douaniers existants pourrait ajouter 50 points de base à l'inflation globale d'ici la mi-2026. À cela s'ajoutent un déficit budgétaire américain projeté dépassant 7% du PIB et des marchés du travail tendus, qui pourraient entraîner une hausse des salaires.
Le Bitcoin chute de 4% alors que les rendements obligataires grimpent
La perspective d'une inflation persistante a provoqué des ondes de choc sur les marchés financiers, frappant particulièrement durement les actifs risqués. Le Bitcoin (BTC) a chuté de près de 4% cette semaine, tombant à 90 000 dollars, alors que les investisseurs réévaluaient la probabilité d'une politique monétaire plus souple. Le déclin de la cryptomonnaie a coïncidé avec un mouvement marqué sur le marché obligataire, où le rendement du Trésor américain à 10 ans a atteint un sommet de cinq mois à 4,31%.
La hausse des rendements des obligations d'État, considérées comme une référence sans risque, réduit généralement l'attrait des investissements spéculatifs comme les cryptomonnaies qui n'offrent pas de rendement. La réaction rapide du marché souligne la sensibilité du Bitcoin aux attentes macroéconomiques et à la politique de la Réserve fédérale, qui est désormais confrontée à une voie plus complexe à suivre.
Les analystes débattent du prochain mouvement de la Réserve fédérale
Les prévisions de Posen et Orszag présentent un contre-récit à un marché qui était devenu confiant dans une désinflation structurelle. Bien que le rapport ait injecté de la prudence, certains analystes estiment que la tendance principale reste déflationniste. Les analystes de l'échange de cryptomonnaies Bitunix suggèrent que le principal risque de la Réserve fédérale n'est pas d'assouplir trop tôt, mais de rester trop prudente pour réduire les taux.
Le véritable risque politique à ce stade n'est pas d'assouplir trop tôt, mais de rester excessivement prudent après que la désinflation structurelle [due aux gains de productivité de l'IA] se soit installée – forçant finalement un ajustement plus brutal et perturbateur plus tard.
— Analystes de Bitunix
Cette divergence met en évidence le débat central pour les investisseurs : l'inflation resurgente forcera-t-elle la Fed à maintenir des taux plus élevés plus longtemps, ou les gains de productivité technologique l'emporteront-ils finalement, ouvrant la voie aux baisses de taux que les marchés à risque avaient anticipées ?