Wall Street aborde la saison des résultats du T2 avec une seule question : quand les dépenses records en IA se traduiront-elles par une croissance des revenus ?
Les investisseurs abordent les résultats du T2 en se concentrant sur la question de savoir si les dépenses records en IA des géants de la tech se traduisent par une croissance des revenus, a déclaré Wedbush.
« La récente faiblesse des valeurs technologiques à grande capitalisation reflète les préoccupations croissantes des investisseurs quant au calendrier du retour sur investissement des dépenses records en infrastructures IA, plutôt qu'une détérioration des perspectives à long terme », ont écrit les analystes de Wedbush dans une note lundi.
Cet examen minutieux intervient alors que les hyperscalers — Alphabet Inc., Microsoft Corp., Amazon.com Inc., Meta Platforms Inc. et Oracle Corp. — devraient dépenser bien plus de 700 milliards de dollars en dépenses d'investissement en 2026, selon Goldman Sachs Group Inc. Les bénéfices du S&P 500 ont augmenté de 28 % sur un an au premier trimestre, soit le rythme le plus rapide depuis 2021, environ la moitié de cette expansion étant directement liée aux dépenses en infrastructures IA. Les bénéfices du secteur technologique devraient croître de 63,2 % sur un an au deuxième trimestre, selon les données de FactSet.
Les enjeux sont élevés : le S&P 500 a gagné plus de 7 % cette année, la croissance des bénéfices des entreprises étant à l'origine de la quasi-totalité des rendements de l'indice au cours des 12 derniers mois. Si les rapports du T2 ne montrent pas que les dépenses en IA se convertissent en revenus, la vente massive qui a frappé les valeurs technologiques à grande capitalisation en juin pourrait s'aggraver, préviennent les analystes.
Les Magnificent Seven sous pression
Les Magnificent Seven — Microsoft, Apple Inc., Nvidia Corp., Tesla Inc., Alphabet, Meta et Amazon — ont sous-performé par rapport au marché dans son ensemble lors de la vente massive du secteur technologique la semaine dernière, l'action moyenne du S&P 500 gagnant 1,6 % tandis que les valeurs technologiques et liées à l'IA reculaient. L'iShares Future AI and Tech ETF reste en hausse de plus de 50 % depuis le début de l'année, même après avoir chuté de 10,4 % par rapport à son sommet, ce qui suggère que le repli était davantage une prise de bénéfices qu'un changement structurel.
Les entreprises de semi-conducteurs, menées par Nvidia et Broadcom Inc., devraient enregistrer les augmentations de bénéfices les plus substantielles au cours de la prochaine saison des résultats, qui débutera fin juin. Les fournisseurs de mémoire Micron Technology Inc. et Sandisk Corp. sont les valeurs les plus performantes du S&P 500 cette année, Micron étant en hausse de plus de 296 % depuis le début de l'année après avoir relevé ses prévisions de bénéfices.
Risques au-delà du récit de l'IA
Goldman Sachs a relevé son objectif de fin d'année 2026 pour le S&P 500 à 8 000 points, projetant une croissance du bénéfice par action de 24 % à 340 dollars, mais les stratèges de la banque ont mis en garde : lorsque la moitié de la croissance des bénéfices d'un indice provient d'un seul thème technologique, le marché devient un pari à effet de levier sur la dynamique de ce thème.
Apple Inc. a récemment annoncé qu'elle augmentait les prix de certains produits en raison de la hausse des coûts de la mémoire, suscitant des inquiétudes quant à une destruction de la demande. L'action a fortement chuté suite à cette annonce. Parallèlement, la Réserve fédérale envisage de relever les taux d'intérêt après que l'inflation a atteint son plus haut niveau en trois ans, ce qui pourrait plafonner les valorisations boursières. Les prix du pétrole sont repassés sous la barre des 70 dollars le baril après avoir dépassé les 110 dollars lors du conflit iranien, atténuant une pression inflationniste mais laissant une incertitude géopolitique intacte.
Les implications pour les investisseurs sont claires : les résultats du T2 détermineront si le cycle de dépenses d'investissement en IA peut soutenir le marché haussier ou si le marché doit recalibrer ses attentes. Le rapport trimestriel de Nvidia, attendu fin août, sera l'événement le plus surveillé de la saison — un bon chiffre a tendance à soutenir l'ensemble du secteur technologique, tandis qu'un échec pourrait déclencher une vente massive généralisée, tant sur les actions que sur les actifs numériques.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.