Le plus haut auditeur de Chine a publiquement nommé la Banque de Chine pour avoir échappé à 348 millions de dollars d'impôts, un rare camouflet adressé à un grand prêteur public qui signale l'intensification de la répression de Pékin contre les fautes professionnelles dans le secteur financier.
Le Bureau national d'audit de Chine a accusé la Banque de Chine d'avoir échappé à 2,37 milliards de yuans (348 millions de dollars) d'impôts en déguisant des fonds de capital-investissement en fonds communs de placement publics, selon le rapport annuel de l'agence publié mardi. La banque a utilisé deux institutions financières filiales comme canaux entre avril 2023 et août 2025, un grand nombre d'employés contribuant chacun entre 1 yuan et 100 yuans pour constituer les montants, précise le rapport.
« La banque a présenté 11 fonds de capital-investissement comme des fonds communs de placement publics, profitant de la politique d'exonération de l'impôt sur le revenu pour les fonds publics afin d'éluder un total de 2,367 milliards de yuans d'impôts », a déclaré le Bureau national d'audit dans son rapport sur l'exécution du budget central et d'autres recettes et dépenses fiscales pour 2025.
La Banque de Chine a déclaré qu'elle acceptait sincèrement la supervision de l'audit et qu'elle mettrait en œuvre des mesures de rectification immédiates, ont rapporté les médias chinois, citant une réponse de la banque. Le prêteur a ajouté qu'il mettrait davantage en œuvre les décisions et les déploiements des autorités centrales et qu'il améliorerait continuellement ses normes de gestion des risques et ses capacités de conformité.
Ce camouflet marque la première fois ces dernières années que le plus haut auditeur de Chine critique explicitement un grand prêteur public pour évasion fiscale, selon le rapport. Le montant de 2,37 milliards de yuans représente environ 0,3 % du bénéfice net 2025 de la Banque de Chine, estimé à 237,7 milliards de yuans, selon des estimations compilées par Bloomberg. Les actions de la Banque de Chine ont chuté de 3,4 % à la Bourse de Hong Kong mercredi, les ventes à découvert représentant 23,8 % du chiffre d'affaires total, soit 312 millions de dollars, ce qui suggère un positionnement baissier de la part des investisseurs institutionnels.
L'audit ne se limite pas à la Banque de Chine. Le Bureau national d'audit a également examiné plusieurs autres grandes institutions financières publiques pour des pratiques de prêt inappropriées, alors que Pékin cherche à maîtriser les risques financiers systémiques. Le secteur bancaire chinois, dont l'actif total dépasse 400 000 milliards de yuans, est confronté à des pressions croissantes dues à la baisse prolongée de l'immobilier et au ralentissement de la croissance économique, qui ont érodé la qualité des actifs et comprimé les marges nettes d'intérêt dans l'ensemble du secteur.
Pour la Banque de Chine, cette constatation d'évasion fiscale présente des risques réputationnels qui pourraient compliquer ses opérations transfrontalières, étant donné que le prêteur est l'une des banques chinoises les plus actives à l'international, avec des succursales dans plus de 60 pays. Les régulateurs internationaux ont accru ces dernières années leur surveillance de la lutte contre le blanchiment d'argent et de la conformité fiscale des institutions financières chinoises, et cette constatation de l'audit pourrait entraîner des exigences supplémentaires de diligence raisonnable de la part des homologues étrangers.
Le rapport de l'auditeur intervient alors que Pékin intensifie son attention sur la supervision du secteur financier sous l'égide de l'Administration nationale de régulation financière récemment restructurée. L'agence a intensifié les inspections des banques publiques, qui contrôlent environ 70 % des actifs bancaires chinois, dans le cadre d'une campagne plus large visant à réduire l'aléa moral et à garantir le respect des réglementations fiscales et de prêt.
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