L'auditeur interroge les 27 milliards de dollars hors bilan de Meta
L'auditeur Ernst & Young (EY) a qualifié la comptabilité de Meta pour son projet de centre de données Hyperion de 27 milliards de dollars de « question d'audit clé », une étape inhabituelle qui signale une complexité significative dans les rapports financiers de l'entreprise. Le problème tourne autour de la décision de Meta de transférer le projet dans une coentreprise avec la société d'investissement Blue Owl Capital, ce qui permet de maintenir l'actif massif et les passifs associés hors de son propre bilan. Meta détient une participation de 20 %, tandis que les fonds gérés par Blue Owl détiennent les 80 % restants.
Selon les règles comptables, la coentreprise est classée comme une « entité à intérêt variable ». Meta a conclu qu'elle n'était pas le « principal bénéficiaire » — la partie ayant le pouvoir de diriger les activités économiques les plus significatives de l'entreprise — et n'a donc pas besoin de consolider les états financiers de l'entité. Bien qu'EY ait finalement approuvé la comptabilité de Meta, elle a qualifié le jugement de « particulièrement difficile », indiquant qu'il s'agissait de l'une des évaluations les plus ardues et à haut risque de l'ensemble de l'audit. Ces désignations sont rares pour des transactions spécifiques et très médiatisées impliquant de grandes entreprises publiques.
Les sénateurs dénoncent les risques financiers des structures de dette liées à l'IA
Cet arrangement financier complexe a attiré l'attention de Washington. Le 22 janvier, quatre sénateurs démocrates, dont Elizabeth Warren, ont envoyé une lettre au Conseil de surveillance de la stabilité financière exigeant une enquête sur les risques que la dette liée à l'IA pose au système financier. La lettre a spécifiquement cité le partenariat Meta-Blue Owl comme exemple de ces préoccupations.
Les législateurs soutiennent que le contrôle de Meta sur les opérations du centre de données et son expertise spécialisée dans le domaine soulèvent des questions quant à savoir si elle manque réellement de contrôle principal. Les sénateurs ont exprimé leur inquiétude que de telles structures de financement soient conçues pour masquer le véritable effet de levier financier d'une entreprise.
Ces arrangements financiers sont de plus en plus complexes et opaques, ce qui permet aux entreprises de dissimuler plus facilement la véritable nature de leurs bilans.
— Lettre des sénateurs américains au Conseil de surveillance de la stabilité financière
L'examen met en lumière les méthodes utilisées par les géants de la technologie pour financer l'infrastructure de plusieurs milliards de dollars nécessaire à l'intelligence artificielle, suggérant un nouveau front de pression réglementaire sur le secteur.