Aave soutient dans un document judiciaire que les cryptomonnaies volées n'appartiennent pas légalement au voleur, ce qui pourrait établir un précédent majeur pour la récupération d'actifs DeFi.
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Aave soutient dans un document judiciaire que les cryptomonnaies volées n'appartiennent pas légalement au voleur, ce qui pourrait établir un précédent majeur pour la récupération d'actifs DeFi.

Le protocole DeFi Aave a déposé une requête d'urgence pour lever une ordonnance d'interdiction portant sur 30 766 ETH, arguant que cette ordonnance repose sur une interprétation erronée du droit de la propriété à la suite de l'exploitation de Kelp DAO le 18 avril.
« Les actifs immobilisés n'appartiennent pas à la Corée du Nord ni à aucune entité affiliée », ont déclaré les avocats d'Aave dans le document judiciaire. « Au contraire, les actifs immobilisés appartiennent aux utilisateurs du protocole Aave qui ont été victimes lorsqu'un tiers voleur a effectivement dérobé leurs actifs. »
L'avis de restriction a été initié par le cabinet d'avocats Gerstein Harrow, qui affirme que ses clients détiennent environ 877 millions de dollars de jugements par défaut contre la Corée du Nord. Le cabinet soutient que l'ETH volé appartient à l'État-nation, une affirmation que l'équipe juridique d'Aave a décrite comme étant basée sur des « conjectures provenant de publications sur Internet » et qui « défie la logique, le bon sens et la loi ».
L'issue de la requête, ainsi qu'un vote parallèle de l'Arbitrum DAO se terminant le 7 mai sur la libération des fonds, pourrait établir un précédent critique sur la manière dont les actifs volés sont récupérés au sein de l'écosystème DeFi, impactant potentiellement les futurs efforts de récupération pour les piratages attribués à des acteurs étatiques.
### Le défi juridique central
L'argument central d'Aave repose sur un principe fondamental du droit de la propriété : le vol ne transfère pas le titre de propriété légal. Les avocats du protocole soutiennent que même si l'identité du pirate était confirmée, l'acte de voler les actifs ne fait pas du voleur le propriétaire légitime. Aave prévient que le maintien de l'avis de restriction pourrait déstabiliser l'écosystème DeFi et causer un « préjudice irréparable » aux utilisateurs dont les actifs pourraient être liés à des obligations de garantie connexes.
Le protocole a demandé au tribunal d'annuler l'avis immédiatement. Si le tribunal refuse, Aave a demandé que Gerstein Harrow soit tenu de verser une caution de 300 millions de dollars pour maintenir le gel, une mesure destinée à couvrir les dommages potentiels causés par l'immobilisation continue des actifs.
### Efforts de récupération communautaires vs revendications juridiques
La bataille juridique se déroule parallèlement à un effort de récupération mené par la communauté. L'Arbitrum DAO organise actuellement un vote, qui doit s'achever le 7 mai, sur le transfert ou non des 30 766 ETH à DeFi United, une coalition formée pour dédommager les victimes du piratage de Kelp DAO. Le vote met en lumière la tension entre les mécanismes de gouvernance décentralisés et les systèmes juridiques traditionnels dans la résolution des litiges relatifs aux fonds volés.
Ce n'est pas la première tentative de Gerstein Harrow de récupérer des fonds par de tels moyens. Le cabinet d'avocats a déjà déposé des plaintes similaires dans des affaires liées au piratage de Heco Bridge en 2023 et à l'exploitation de Bybit en 2025, se forgeant ainsi une solide expérience dans la poursuite d'actifs prétendument volés par des groupes affiliés à la Corée du Nord au nom de clients ayant obtenu des jugements contre le pays.
Le tribunal n'a pas encore fixé de date d'audience pour la requête d'urgence d'Aave. La décision sera suivie de près, car elle pourrait soit renforcer les lois traditionnelles sur la propriété dans le contexte des actifs numériques, soit créer de nouveaux défis complexes pour les protocoles tentant de récupérer des fonds après une faille de sécurité.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.