Une nouvelle coalition militaire dirigée par l'Europe prévoit de sécuriser 20 % du transit pétrolier mondial par le détroit d'Ormuz, mais l'exclusion des États-Unis menace de diviser l'alliance occidentale.
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Une nouvelle coalition militaire dirigée par l'Europe prévoit de sécuriser 20 % du transit pétrolier mondial par le détroit d'Ormuz, mais l'exclusion des États-Unis menace de diviser l'alliance occidentale.

Une coalition de trois grands pays européens élabore un plan pour une mission internationale visant à sécuriser le détroit d'Ormuz après le conflit actuel, mais l'exclusion délibérée des États-Unis risque d'aggraver les tensions transatlantiques. Le plan, mené par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, prévoit de déployer des navires de déminage et des escortes militaires dans cette voie navigable vitale, qui voit passer environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole.
« La mission dont nous parlons ne pourrait être déployée qu'une fois le calme rétabli et les hostilités terminées », a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Il a ajouté que la coalition se coordonnerait avec les pays bordant le détroit, y compris l'Iran, suggérant qu'aucune mission ne serait entreprise sans au moins l'accord tacite de Téhéran.
Le plan comporte trois objectifs principaux : premièrement, gérer la logistique des centaines de navires actuellement bloqués dans le détroit ; deuxièmement, mener une opération majeure de déminage ; et enfin, fournir des escortes militaires régulières pour donner aux compagnies maritimes la confiance nécessaire pour reprendre le transit. L'implication de l'Allemagne est significative, car elle possède des atouts militaires clés, notamment une escadre de chasseurs de mines d'environ 12 navires basée à Kiel.
L'enjeu est la stabilité des marchés mondiaux de l'énergie et l'unité de l'alliance occidentale. L'initiative européenne est un camouflet direct aux appels du président Trump demandant aux alliés de rouvrir le détroit par la force, une mesure que les dirigeants européens ont qualifiée d'irréaliste. La friction diplomatique pourrait créer une dynamique de sécurité imprévisible au Moyen-Orient longtemps après tout cessez-le-feu.
La décision d'écarter les États-Unis souligne des liens de plus en plus tendus après une année de différends sur les tarifs commerciaux et le soutien à l'Ukraine. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la mission ne devrait pas inclure de parties « belligérantes », une référence claire aux États-Unis, à Israël et à l'Iran. Alors que les diplomates français estiment qu'une opération dirigée par les États-Unis serait inacceptable pour Téhéran, les responsables britanniques craignent que l'exclusion de Washington n'irrite le président Trump et ne limite la portée de la mission.
Trump a critiqué les alliés européens pour ne pas avoir contribué davantage aux efforts actuels des États-Unis pour bloquer les ports iraniens, une action visant à faire pression sur Téhéran pour rouvrir la voie navigable. En réponse aux réticences européennes, il a ouvertement reconsidéré l'adhésion des États-Unis à l'OTAN, déclarant la semaine dernière au secrétaire général Mark Rutte qu'il attendait de l'Europe qu'elle s'implique davantage.
La mission proposée s'inspire de l'opération Aspides de l'Union européenne en mer Rouge, qui a vu plusieurs pays de l'UE fournir des escortes navales à la marine marchande pour la protéger des attaques des Houthis en 2024. Cette mission purement défensive, qui comprenait des frégates de France, d'Italie et d'Allemagne, a fonctionné indépendamment de l'opération Prosperity Guardian, plus vaste et dirigée par les États-Unis, entre 2023 et 2025.
Pour que l'Allemagne y participe, le gouvernement devrait obtenir l'autorisation du parlement, ce qui nécessite un mandat international robuste, tel que celui du Conseil de sécurité des Nations unies. Au-delà de sa flotte de déminage, Berlin pourrait également fournir des avions de surveillance, en ayant déjà basé au moins un à Djibouti pour la mission en mer Rouge. L'ensemble du concept fait écho à la « Coalition des volontaires » en Ukraine, où des troupes européennes se déploieraient après le conflit pour aider à rétablir la confiance des investisseurs.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.