Les autorités américaines transportent 17 passagers américains du MV Hondius, touché par l'hantavirus, vers un centre de quarantaine spécialisé au Nebraska après que l'un d'eux a été testé positif au virus. Ce rapatriement s'inscrit dans le cadre d'une évacuation internationale à grande échelle du navire de croisière, lié à trois décès et ancré au large des îles Canaries (Espagne).
« Ce n'est pas un nouveau COVID », a déclaré le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un message public aux résidents de Tenerife, où le navire est à quai. « Le risque pour le public est faible. Ils ne doivent donc pas avoir peur et ne doivent pas paniquer. »
L'évacuation concerne environ 150 passagers et membres d'équipage de plus de 20 nationalités. L'épidémie a causé trois décès et au moins cinq autres infections confirmées parmi des passagers ayant débarqué précédemment. Une Française rapatriée dimanche a également été testée positive, selon le ministre de la Santé du pays. Les 17 passagers américains ont été transportés par avion vers le Nebraska pour évaluation et suivi dans une unité de bioconfinement.
La réponse sanitaire mondiale reflète la nature grave, bien que rare, du virus Andes, la seule souche d'hantavirus connue pour être capable d'une transmission interhumaine limitée. L'OMS a conseillé à tous les pays d'accueil de mettre en œuvre un suivi sanitaire quotidien pendant une période allant jusqu'à six semaines, soit la période d'incubation maximale du virus. Le navire lui-même, exploité par Oceanwide Expeditions, fera route vers les Pays-Bas pour y être désinfecté.
Effort d'évacuation international
L'opération complexe de rapatriement à Tenerife a vu des équipes en combinaisons de protection intégrale escorter les voyageurs hors du navire. Les ressortissants espagnols ont été les premiers à partir, suivis par des vols charters pour les citoyens canadiens, français, néerlandais, allemands et d'autres pays européens. Des vols sont prévus jusqu'à lundi pour ramener les passagers dans des pays tels que le Royaume-Uni, l'Irlande et la Turquie.
Les passagers n'ont été autorisés à emporter qu'un petit sac d'objets essentiels, laissant tous leurs autres bagages derrière eux pour une désinfection et une restitution ultérieures. Ces précautions accrues soulignent l'inquiétude des autorités sanitaires quant à toute possibilité de propagation du virus, même si elles soulignent qu'il ne se transmet pas facilement d'une personne à l'autre.
Réponse sanitaire mondiale
L'OMS coordonne avec les autorités sanitaires nationales la gestion du processus de rapatriement et de quarantaine. « Nous laissons aux pays eux-mêmes le soin de développer leurs propres politiques », a déclaré Maria van Kerkhove, épidémiologiste à l'OMS, tout en notant les recommandations claires de l'organisation pour un suivi actif.
Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont déployé une équipe aux îles Canaries et une autre au centre de quarantaine du Nebraska. Cette réponse a attiré l'attention de certains experts en santé publique, qui ont contrasté le rôle discret du CDC avec le leadership plus visible de l'OMS. Au Royaume-Uni, des médecins militaires ont été déployés dans le territoire isolé de Tristan da Cunha, où un ancien passager du Hondius est un cas suspect.
Le risque de la souche Andes
L'hantavirus se propage généralement aux humains par l'inhalation de poussières contaminées par des déjections de rongeurs. Cependant, la souche Andes peut se propager entre les personnes dans de rares cas impliquant un contact étroit et prolongé. Ce potentiel, combiné à un taux de létalité qui peut être élevé pour ceux qui développent une maladie respiratoire grave, motive l'approche internationale prudente.
Des experts, dont l'ancienne scientifique en chef de l'OMS, la Dre Soumya Swaminathan, ont déclaré que l'épidémie est gérable avec des mesures de santé publique standard telles que la recherche des cas contacts et l'isolement. Contrairement aux virus aéroportés comme le Covid-19, l'hantavirus ne se propage pas efficacement par contact occasionnel, ce qui limite le risque d'une pandémie plus large.
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