Le projet de loi exempte les stablecoins de l'impôt sur les plus-values
Le 27 mars 2026, les représentants américains Max Miller et Steven Horsford ont publié un projet de discussion du « Digital Asset PARITY Act », un projet de loi visant à clarifier le traitement fiscal des actifs numériques. La pièce maîtresse de la proposition est une exemption fiscale pour les stablecoins réglementés, indexés sur le dollar. En vertu du projet de loi, ces actifs ne seraient pas soumis aux plus-values ou moins-values, à condition que leur valeur ne fluctue pas de plus de 1% par rapport à 1 $. De plus, le projet de loi introduit une exemption de minimis pour les transactions de stablecoins inférieures à 200 $, rendant ainsi les petits achats et transferts effectivement des événements non imposables. Cette mesure vise à promouvoir l'utilisation des stablecoins pour les paiements quotidiens en éliminant les complexités importantes de déclaration fiscale pour les consommateurs et les entreprises.
L'exclusion du Bitcoin divise l'industrie
Le traitement préférentiel des stablecoins par le projet de loi a révélé un schisme croissant au sein de l'industrie des cryptomonnaies. Alors que certaines organisations, comme la Digital Chamber, ont salué cette initiative pour la clarté fiscale qu'elle apporte, les partisans du Bitcoin ont exprimé une forte opposition. Le problème fondamental est l'incapacité du projet de loi à étendre une exemption fiscale de minimis similaire au Bitcoin. Les critiques soutiennent que cela crée un environnement réglementaire qui favorise les stablecoins centralisés et permissionnés par rapport aux actifs décentralisés comme le Bitcoin.
C'est le Bitcoin qui devrait bénéficier d'une exemption fiscale de minimis. Les stablecoins ne sont pas décentralisés et ils ne sont pas sans permission. Ce ne sont pas de la vraie monnaie ; ce ne sont que des monnaies fiduciaires.
— Pierre Rochard, PDG de The Bitcoin Bond Company.
Ce choix législatif signale une voie potentielle où les régulateurs américains adopteraient les actifs cryptographiques qui s'intègrent au système financier traditionnel tout en imposant des charges de conformité plus élevées à ceux qui opèrent en dehors de celui-ci. Le projet de loi précise également que les revenus provenant des activités de staking et de prêt seraient traités comme un revenu brut, resserrant davantage les règles fiscales autour de la génération de rendement crypto.
La législation signale l'influence politique croissante des cryptos pour les élections de 2026
Cette proposition fiscale ciblée intervient alors que l'industrie des cryptomonnaies mobilise un capital politique important pour les élections de mi-mandat américaines de 2026. Des groupes de défense comme Stand With Crypto, soutenu par Coinbase, mènent un « effort agressif de mobilisation des électeurs » dans des circonscriptions clés d'États comme l'Ohio et la Pennsylvanie. En se concentrant sur les antécédents de vote des candidats en matière de politique crypto, ces groupes visent à faire des actifs numériques un enjeu électoral décisif. L'accent mis par le PARITY Act sur les stablecoins – des actifs centraux pour les opérations de grandes entreprises américaines comme Coinbase et Circle – suggère que cette pression de lobbying façonne efficacement la législation au profit de segments spécifiques et réglementés du marché. Alors que la crypto s'intègre plus profondément dans la finance, comme en témoignent les nouveaux produits hypothécaires de Better Home et Coinbase qui permettent de gager des cryptomonnaies pour les acomptes, les enjeux pour un traitement fiscal favorable sont plus élevés que jamais.