Le Royaume-Uni ferme l'exchange traitant un milliard de dollars pour la Garde iranienne
Les autorités du Royaume-Uni ont initié les procédures de dissolution de Zedxion Exchange Ltd., une plateforme de cryptomonnaies accusée de faciliter l'évasion des sanctions pour le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) d'Iran. La Companies House du Royaume-Uni a cité l'utilisation par la firme d'informations « trompeuses, fausses ou fallacieuses » lors de son incorporation. Cette action fait suite aux sanctions de janvier de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain, qui a désigné Zedxion et une entité associée, Zedcex, pour leurs liens avec le financier iranien sanctionné Babak Zanjani.
Les enquêtes ont révélé que la directrice enregistrée de Zedxion, « Elizabeth Newman », était une identité fictive créée à l'aide de l'image d'un mannequin de stock. Les registres montrent qu'entre octobre 2021 et août 2022, la personne ayant un contrôle significatif était répertoriée comme « Babak Morteza », dont les détails correspondent à ceux de Zanjani. Cette tromperie a permis à l'entreprise d'opérer tout en obscurcissant ses liens avec des entités sanctionnées pour soutenir l'État iranien.
Le volume de cryptomonnaies lié à l'IRGC a atteint 619,1 millions de dollars en 2024
L'analyse blockchain de TRM Labs a quantifié l'ampleur de l'opération, constatant que Zedxion et Zedcex ont traité environ un milliard de dollars de fonds liés à l'IRGC. Cette activité constituait 56 % de leur volume total de transactions. Les flux liés à l'IRGC ont culminé en 2024, atteignant 619,1 millions de dollars et représentant 87 % du volume des plateformes cette année-là. Les données soulignent à quel point l'exchange était profondément intégré dans les efforts de l'Iran pour contourner les restrictions financières internationales.
Ce cas spécifique fait partie d'un schéma beaucoup plus large. Selon la firme de renseignement blockchain Chainalysis, les adresses de cryptomonnaies illicites liées à l'IRGC ont reçu au moins 154 milliards de dollars d'actifs numériques l'année dernière, marquant une augmentation de 162 % d'une année sur l'autre. Les chiffres révèlent la dépendance croissante aux cryptomonnaies par les acteurs sanctionnés pour déplacer des fonds en dehors du système bancaire traditionnel.
Les régulateurs renforcent l'application mondiale des cryptomonnaies
La décision du Royaume-Uni de dissoudre Zedxion s'appuie sur la nouvelle autorité accordée par la loi de 2023 sur la criminalité économique et la transparence des entreprises, qui habilite la Companies House à retirer les entreprises suspectes du registre et à exiger une vérification d'identité pour les directeurs. Ce resserrement réglementaire ne se limite pas à la Grande-Bretagne. Dans une action parallèle, l'unité de renseignement financier du Canada, FINTRAC, a récemment révoqué les enregistrements de 23 entreprises de services monétaires liées aux cryptomonnaies. Ces efforts coordonnés signalent un changement décisif de la part des gouvernements occidentaux pour combler les lacunes réglementaires et accroître la pression de conformité sur l'industrie des actifs numériques afin d'empêcher son utilisation abusive pour le blanchiment d'argent et l'évasion des sanctions.