Le Conseil dévoile un plan de 115 milliards de dollars pour Gaza, conditionné au désarmement
Un "Conseil de la Paix" initié par le président américain Donald Trump a esquissé un plan de reconstruction ambitieux pour Gaza, estimé à un potentiel de 115 milliards de dollars, entièrement subordonné au désarmement complet du Hamas. Le plan comprend la construction de 400 000 nouveaux logements et 30 milliards de dollars de projets d'infrastructure, des hôpitaux et écoles à un nouveau port maritime et un aéroport. Cet effort est soutenu par des engagements financiers significatifs, avec 6,5 milliards de dollars déjà promis par des pays tels que les Émirats arabes unis (1,2 milliard de dollars), le Qatar (1 milliard de dollars), et un engagement initial des États-Unis de 1,25 milliard de dollars, complété par une promesse supplémentaire de 10 milliards de dollars du gouvernement américain.
L'exécution du projet est liée à un processus de démilitarisation échelonné pour le Hamas, impliquant la reddition des armes lourdes, le démantèlement des tunnels et, enfin, la remise des armes légères. Pour superviser la sécurité, une Force internationale de stabilisation de 20 000 soldats issus de cinq pays à majorité musulmane devrait être déployée, à partir du poste frontalier de Rafah en mai. Les membres du conseil ont souligné la conditionnalité des fonds, le représentant israélien Yakir Gabay déclarant lors de forums à huis clos qu"aucun dollar ne peut être transféré" à moins que le Hamas ne dépose les armes.
Le stablecoin proposé entre sur le marché crypto existant de 100 millions de dollars à Gaza
Dans le cadre de la reconstruction économique, le conseil est en discussions préliminaires pour créer un stablecoin. Selon des sources familières avec le projet, la monnaie numérique ne serait pas un actif spéculatif mais plutôt "un moyen de permettre aux Gazaouis d'effectuer des transactions numériques". Cette initiative vise à fournir une couche financière moderne et transparente pour la nouvelle économie, s'éloignant des systèmes qui pourraient être exploités.
Cependant, ce stablecoin proposé entrerait sur un marché avec une activité crypto préexistante et non réglementée. Selon Snir Levi, PDG de la société de renseignement blockchain Nominis, plus de 100 millions de dollars de stablecoins ont déjà transité par les bureaux de gré à gré (OTC) à Gaza au cours des deux dernières années avec des restrictions minimales. Cela indique une demande locale claire pour la monnaie numérique, mais met également en lumière le défi de la mise en œuvre d'un système formel et réglementé dans un environnement complexe.
Le succès du plan dépend du désarmement d'un Hamas réticent
L'ensemble du cadre de plusieurs milliards de dollars fait face à un point de défaillance critique et binaire : la volonté du Hamas de désarmer. Malgré les incitations financières importantes offertes, le Hamas a publiquement réaffirmé son intention de conserver ses armes et s'emploie activement à restaurer ses capacités militaires et gouvernementales. Le refus du groupe de se démilitariser est en opposition directe avec l'exigence fondamentale du plan, créant un écart significatif entre la vision du conseil et la réalité sur le terrain.
Ce conflit fondamental rend le calendrier et la faisabilité du projet très incertains. Bien que la Force internationale de stabilisation ait des promesses de troupes, aucune nation participante n'a indiqué sa volonté de désarmer de force le Hamas. Le résultat de l'ensemble de l'initiative de 115 milliards de dollars dépend donc d'une décision politique de la direction du Hamas. Les hauts fonctionnaires du conseil décrivent la situation comme "très binaire", où une décision positive permet à tout d'avancer, tandis qu'une décision négative garantit "que rien ne se passe".