La police espagnole capture le dernier suspect dans l'enlèvement de 10 millions d'euros
Les autorités espagnoles ont arrêté le dernier suspect en fuite dans l'enlèvement de David Balland, cofondateur de Ledger, en janvier 2025, mettant fin à une chasse à l'homme transfrontalière. L'individu a été détenu à Benalmádena, une ville de la province de Málaga, dans le sud de l'Espagne, en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités françaises. Le gang a enlevé Balland de son domicile dans le centre de la France, l'a détenu pendant environ 24 heures et a exigé une rançon de 10 millions d'euros (environ 11,5 millions de dollars) en cryptomonnaie. Les agresseurs auraient coupé un doigt de Balland pour faire pression sur ses associés.
Selon la Garde civile espagnole, le suspect a fui la France pour échapper à la capture et a maintenu un profil bas en se déplaçant entre des appartements loués à Valence, Séville et Cadix. L'arrestation a nécessité une importante opération policière en raison de la dangerosité perçue du suspect et du risque de tentative d'évasion. Avec cette capture, les responsables français estiment que tous les membres de l'organisation criminelle responsable de l'attaque sont désormais en détention.
Les "attaques au tournevis" augmentent de 75 % et la France devient l'épicentre
Cet enlèvement est un exemple très médiatisé de l'escalade de la violence physique dirigée contre les détenteurs de cryptomonnaies, connue sous le nom d'"attaques au tournevis". Selon la société de sécurité CertiK, ces incidents ont bondi de 75 % d'une année sur l'autre. La France est devenue un point chaud particulier pour de tels crimes, représentant 16 des 23 attaques au tournevis signalées publiquement en 2025, selon les données compilées par le chercheur en sécurité Jameson Lopp.
Cette vague de violence ne se limite pas à Balland. En juin 2025, les autorités françaises ont inculpé 25 suspects en lien avec une série d'enlèvements ciblant des dirigeants et des investisseurs en cryptomonnaies. Parmi les autres cibles notables figurent le PDG de Binance France, David Prinçay, qui a été victime d'une invasion de domicile, et la famille du PDG de Paymium, Pierre Noizat, qui a repoussé une tentative d'enlèvement.
Un cofondateur de Ledger appelle à armer les propriétaires de cryptomonnaies
L'impact profond de ces attaques suscite des réactions extrêmes de la part des leaders de l'industrie. Éric Larchevêque, un autre cofondateur de Ledger qui a reçu la vidéo du doigt coupé de Balland, a publiquement appelé à des modifications des lois sur la légitime défense. Il a depuis embauché une équipe de sécurité privée et a exprimé des opinions de plus en plus politiques sur la sécurité personnelle.
Nous devrions être autorisés à porter des armes de catégorie [pistolets et fusils] — de vraies armes. Si quelqu'un vient chez vous, vous devriez pouvoir lui tirer dessus sans aller en prison.
— Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger
La déclaration de Larchevêque reflète un sentiment croissant au sein de la communauté crypto selon lequel la richesse numérique fait des individus des cibles physiques. Son appel à armer les propriétaires de cryptomonnaies, faisant écho à la rhétorique de certaines personnalités politiques françaises, signale une escalade majeure dans la façon dont l'industrie perçoit et prévoit de traiter les risques de sécurité personnelle.