La proposition des régulateurs du 19 mars ignore le Bitcoin, créant une incertitude sur le capital
Les régulateurs bancaires américains ont créé un vide réglementaire significatif pour les banques cherchant à s'engager avec le Bitcoin. Une proposition d'envergure, publiée le 19 mars pour remanier les exigences de capital bancaire et connue sous le nom de « Bâle III : phase finale », ne contenait aucune mention du Bitcoin, des cryptomonnaies ou des actifs numériques. Cette omission de la Réserve fédérale, de la FDIC et de l'Office of the Comptroller of the Currency laisse les plus grandes banques américaines sans cadre clair pour le capital qu'elles doivent détenir en regard de leurs avoirs liés au Bitcoin, de leurs services de garde et de leurs activités de prêt.
Ce manque de clarté injecte une incertitude considérable sur le marché. Sans règles explicites, les banques sont laissées à interpréter comment les catégories de capital existantes s'appliquent aux expositions au Bitcoin, un processus qui augmente le risque juridique et dissuade la participation institutionnelle. Cette ambiguïté contraste avec les actions réglementaires récentes fournissant des directives claires pour d'autres classes d'actifs, amplifiant les préoccupations au sein de l'industrie des actifs numériques.
Une contestation formelle met en garde contre la menace d'une pondération de risque de 1 250 %
En réponse au silence réglementaire, Pierre Rochard, PDG de The Bitcoin Bond Company, a soumis un commentaire formel aux agences le 29 mars. Il a soutenu que les régulateurs ne peuvent pas finaliser une règle qui détermine implicitement le traitement du capital du Bitcoin sans fournir un cadre explicite et des preuves justificatives. Le nœud du problème est l'application potentielle de la norme mondiale du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire pour les crypto-actifs, connue sous le nom de SCO60.
Ce cadre international impose une pondération de risque prohibitive de 1 250 % sur les crypto-actifs non adossés, y compris le Bitcoin. L'application d'une telle norme rendrait économiquement non viable pour les banques réglementées de détenir du Bitcoin sur leurs bilans ou d'offrir des produits dérivés et de prêt connexes. La contestation de Rochard soutient que l'imposition de ce traitement sans procédure régulière et sans consultation publique pourrait être vulnérable aux contestations juridiques et bloquerait effectivement les banques du marché du Bitcoin.
Des directives contradictoires entravent la participation bancaire
Rochard a souligné une incohérence clé dans l'approche des régulateurs. Le 5 mars, les mêmes agences ont publié une FAQ claire sur les titres tokenisés, déclarant que le cadre de capital est « neutre sur le plan technologique » et que ces actifs devraient recevoir le même traitement de capital que leurs équivalents non tokenisés. Cela a fourni une voie claire aux banques pour s'engager avec les actifs traditionnels tokenisés.
L'absence de directives similaires pour le Bitcoin crée un contraste frappant qui décourage l'innovation et l'investissement. Alors que les banques naviguent dans l'incertitude, le potentiel de débloquer une liquidité significative pour les activités liées au Bitcoin reste bloqué. Rochard a exprimé cette frustration dans un commentaire public, déclarant :
Le système fiduciaire devrait cesser de se saboter lui-même. Les règles bancaires du Bitcoin amélioreraient les marges d'intérêt nettes des banques et réduiraient les taux d'intérêt pour les emprunteurs.
— Pierre Rochard, PDG de The Bitcoin Bond Company.